‹ La Princesse de BagdadChapitre 27 sur 57 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

JEAN seul d'abord, puis LIONNETTE.

Jean, resté seul, s'appuie un moment la main sur le haut d'une chaise, puis il arrache sa cravate et élargit le col de sa chemise, comme s'il étouffait et voulait se donner plus de respiration. Il va ensuite a la fenêtre, aspire l'air fortement deux ou trois fois, et marche vers la porte par laquelle est sortie Lionnette. Lionnette ertre par cette même porte quand il est à moitié chemin.

JEAN, s'arrètant.

D'où venez-vous?

LIONNETTE

Je viens de coucher l'enfant qui était très désobéissant ce soir, et je venais retrouver ces messieurs.

JEAN

Ils sont partis tous les trois.

LIONNETTE

Qu'csl-ce que lu as ? tu es tout pale... Qu'arrive-l-il encore?

JEAN

Vous le demandez?

Mais oui, je le demande.

JEAN, marchant sur elle en étendant le poing vers son visage.

Quand je pense que j'ai manque de respect à ma mère et qu'elle est morte en me maudissant, pour cette créature.

LIONNETTE, passant devant lui.

Je ne comprends pas !

JEAN

Tu ne comprends pas !

LIONNETTE

Non ; je crois, j'espère que vous êtes encore plus fou que de coutume, qu'y a-t-il?

JEAN, tirant des papiers de sa poche.

Ce qu'il y a? Il y a que M. Nourvady a fait payer toutes vos dettes. 11 a bien voulu me faire l'honneur de ne pas payer les miennes ; mais vous, vous ne devez plus rien. Voilà ce qu'il y a. Comprenez-vous maintenant?

LIONNETTE, stupéfaite.

M. Nourvady !

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