‹ La Princesse de BagdadChapitre 36 sur 57 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

NOURVADY.

Il me soufflettera?

Ce u'est pas douteux.

Je le tuerai.

LIONNETTE

Ce n'est pas sûr; il est brave. Un homme qui ne craint pas la mort sur le terrain a chance de la donner.

NOURVADY.

Faites des vœux pour lui, c'est votre devoir d'épouse d'abord, et puis ma mort sera un heureux événement, une bonne affaire pour vous.

LTONNETTE.

Parce que ?

NOURVADY.

Parce que, n'ayant pas un parent, pas un ami vrai dans ce monde, comme il convient à un millionnaire comme moi, parce que vous aimant, comme on doit aimer, dans la vie et dans la mort, j'ai fait mon testament, dans lequel je dis que vous êtes la personne la plus belle et la plus pure que j'aie jamais rencontrée; que votre mari, qui m'aura tué, vous aura injustement soupçonnée, et que je vous prie, en échange du soupçon dont mon admiration et mon respect ont été involontairement cause, de vouloir bien accepter, pour votre fils, tout ce que je possède, bien que je déteste aussi votre fils.

5b LA PRINCESSE DE BAGDAD

LIONNETTE

Pourquoi ?

NOURVADY.

Parce que cet enfant est la preuve vivante de voire amour pour votre mari.

LIONNETTE, à part.

Hélas ! l'enfant ne prouve rien. (Haut.) Allons, tout cela n'est pas commun et vous finiriez peut-être par me convaincre, — avec votre mort — en admettant que tout soit vrai. Si ce n'est pas vrai, c'est assez bien trouvé.

NOURVADY.

Pourquoi menlirais-je? Et que voulez-vous que je fasse de ma fortune si je meurs? A quoi peut-elle me servir sans la vie et, dans la vie, à quoi peut-elle me servir sans vous? Or, si je meurs, mon testament est là, à côté des titres de propriété de cette maison que vous n'auriez eu qu'à signer, si vous aviez consenti à en être propriétaire, de mon vivant, (ii montre un meuble au fond) et votre argent de poche est

ICi. III montre le coffre.)

LIONNETTE

Ah! c'est vrai ! Le fameux million. — C'est là le tentateur de l'heure présente. — Le tabernacle du veau d'or. Eh! bien, voyons-le... Après ce que vous m'avez dit, qui sait, votre Dieu me convertira peut-être.

Elle a marché vers le coffret dont elle ouvre le coté supérieur. — L'or contenu jusque-là se répand sur le panneau ouvert.

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