‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 1 sur 269 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

C'était à Turin, le 17 janvier 1767, dans le cabinet du roi de Sai daigne. Charles-Emmanuel III était entouré de toute sa Cour. Les hommes étaient en (( habit habillé » , les dames en a robe à plis à barbes tombantes » et les colliers de TAnnonciade portaient la culotte de satin blanc et Fample manteau rouge de leur ordre'. Une rumeur de fête montait de la grande place du palais, grondait sur la ville entière, dont les rues étaient pleines de monde. De la porte du Pô à la porte de Suze, du chemin de la Vénerie à la Citadelle,

I. Cf. Comte de Foras. Armoriai et nobiliaire de Savoie; Liltu, Famiglia celebri ilaliane.

c'était, depuis le matin, un défilé de voitures de toute espèce et quand, dans son carrosse à six chevaux, entourée d'une escorte de cavalerie*, la troisième fille du prince de Carignan était arrivée devant le Palais Royal, la garde suisse, postée sous les arcades du Paviglione, avait eu de la peine à contenir l'exubérance d'une foule curieuse, accourue, malgré le froid de cette matinée d'hiver, pour acclamer la petite mariée. Car personne n ignorait dans Turin, dejîuis les fiers seigneurs piémontais, jusqu'aux juifs des faubourgs et aux pauvres magnanarelles, que, ce samedi, vers dix heures, devait être célébré, avec la magnificence accoutumée, le mariage par procuration de Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan^ avec un prince français, Louis- Alexandre

1. Cf. Regislro de cerimoniati di Corte... tome III, par le chevalier Piozzo, maître des cérémonies. Relation du cérémonial qu'on a pratiqué à l'occasion du contrat de tnariage et du mariage qui s'ensuii'it entre S. A. S. le prince de Lamballe et S. A. S. la princesse de Carignan [Archives du ministère des Affaires étrangères. Italie, 246).

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