‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 2 sur 269 · Cf. Gazette de Leyde, janyier · texte numérisé non relu

Cf. Gazette de Leyde, janyier

Elle était la fille de Louis-Victor de Savoie Carignan, néle 25 septembre 1721, et de Christine de Hesse Rheinfels-Rothembourg, née en 1717, fille de Ernest Léopold de Hesse Rheinfels-Rothembourg et de Anne de Lœwenstein.

TURIN i

de Bourbon Lamballe *, Tunique fils du duc de Penthièvre '.

Une semaine auparavant, le 8 janvier, le baron de Choiseul, chevalier de Saint-Louis, capitaine des gendarmes Dauphin et ambassadeur à Turin de Sa Majesté Très Chrétienne % avait, dans une audience particulière, remis au roi de Sardaigne une lettre autographe' dans laquelle Louis XV

1. Né le 6 septembre 1747. (Cf. Almanach royal ; Almanach de Gotha; Mémoires du duc de Luynes, samedi 9 septembre 1747).

2. Stanislas-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, fils unique du comte de Toulouse (enfant légitimé de Louis XIV et de M""» de Montespan) et de Marie-Sophie de Noailles. Né à Rambouillet, en 172,5, il devint Grand Amiral de France en 1784 et Grand Veneur en 1737. Il se distingua à Dettingen et à Fontenoy Il épousa, en 1746, Marie-Thérèse-Félicité d'Esté, morte en 1754. Des sept enfants issus de ce mariage, deux seuls restaient : un fils, le prince de Lamballe et une fille, M"« de Penthièvre, née le i3 mars 1753.

3. Arch. du ministère des Affaires étrangères. Italie, 246-247 et Recueil des instructions données aux ambassadeurs et ministres de France. [Sacoie, Sardaigne) (1765-1791) par le comte Horric deBeaucaire.

4. « Monsieur mon frère et oncle, Votre Majesté a été informée du consentement que j'ai donné aux démarches du duc de Penthièvre pour le mariage du prince de Lamballe avec la princesse de Carignan. Cette alliance, si conforme à mes désirs, ayant aussi l'approbation de Votre Majesté, je charge le baron de Choiseul, mon ambassadeur auprès d'elle, de lui faire en mon nom la demande formelle de cette princesse qui m'est déjà chère par nos liaisons de parenté et par les qualités, dignes de la naissance, qui forment son caractère. Je la verrai avec plaisir arriver à ma Cour et je serai toujours disposé à lui donner des marques de ma sincère et constante affection. C'est une sensible satisfaction pour

demandait pour son cousin, le prince de Lamballe, la main de la princesse de Carignan. Le 14 janvier, Charles-Emmanuel 111 avait « solennellement déclaré le mariage » aux chevaliers de TAnnonciade, aux grands ofiîciers de la Couronne, aux principaux seigneurs de la Cour. Le lendemain, la noblesse sarde, savoyarde et piémontaise, les ministres d'Etat, les ambassadeurs, les dames, en habit de cour, étaient allés féliciter, dans leur palais de la place de Son-Altesse-Sérénissime, le prince et la princesse de Carignan ' .

Le grand jour était enfin arrivé. Dans son cabinet, orné de sculptures de Collini, de peintures de Van Dyck, de David de Mytens, de FAlbane et de Murillo^, Charles-Emmanuel III, portant le grand

moi de multiplier les liens qui m'unissent ix Votre Majesté et de lui renouveler les assurances de la tendre et inaltérable amitié avec laquelle je suis. Monsieur mon frère et oncle, de VotreMajesté, bon frère et neveu. — Louis. [Arch. du ininisière des Affaires étrangères. Italie, 247.)

1. Cf. Registro de cerimoniaii di Corte... par le chevalier Piozzo, maître des cérémonies; i?e/ai/o7t du cérémonial qu'on a pratiqué à Coccasion du contrat de mariage el du mariage qui s'ensuivit... [Arch. du ministère des Affaires étrangères. Italie, 247.); Domenico Garutti. Lo sposalizio e Vassassinio di Maria-Teresa di Savoia-Carignano principessa di Lamballe. (Miscellanea di Storia Patria XXXVI), et Gazette de Leyde, 6 et 10 février 1767.

2. Cf. Valéry. Voyages historiques et littéraires en Italie 1826.

collier d or à émaux rouges de FAnnonciade, était assis sur une sorte de trône. Il y avait une table au centre de la pièce. Auprès de cette table, en face de Marie-Thérèse de Carignan et de son frère Victor, représentant le prince de Lamballe, se tenait debout le premier président du Sénat, Joseph- Louis Caissoti, marquis de Verdun, comte de Sainte-Victoire et de Sainte-Marie, nommé notaire royal à Foccasion de ce mariage. Le notaire tenait à la main un parchemin scellé des fleurs de lys . 11 le tendit à son greffier, le sieur Despino, secrétaire des relations extérieures. Despino se leva, salua le roi, puis, sur un signe du chevalier Piozzo, maître des cérémonies, il commença la lecture du contrat ^ :

« Au nom de la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Ainsi soit- il

Soit jNotoire à ceux qu'il appartiendra que Sa Majesté Charles-Emmanuel III, sur la réquisition qu Elle a eue de Sa Majesté Très Chrétienne, ayant donné son approbation à la résolution que Son Altesse Sérénissime le Duc de Penthièvre a

i. Cf. Re"islro de cerimonlati... Relations davércmonial... '

b LA PRINCESSE DE LAMB.VLLE

prise... de rechercher en mariage Son Altesse Sérénissime la Princesse Marie-Thérèse-Louise de Savoye-Carignan pour Son Altesse Sérénissime, le Prince de Lamballe, son fils,... il a été conclu et arrêté de célébrer le dit mariage en face de la Sainte Eglise . . . ' »

Tout le monde écoutait en silence. Le roi de Sardaigne semblait plus sombre qu à Fordinaire. C'était un petit homme de soixante-six ans avec un nez trop long, un profil busqué, des rides profondes qui lui barraient le visage, des lèvres épaisses et inégales". 11 venait d'être malade et « en avait été frappé au point de répéter sans cesse que les princes de sa maison vivaient peu'' ». Il toussait encore et il était ce très faible », mais il avait tenu à assister au mariage de sa nièce et cousine c( pour donner un témoignage non équivoque de la satisfaction qu'il avait de cette alliance avec

1. Contrat de mariage de S. A. S. le prince de Lamballe et de S. A. S. la princesse M. Th. de Savoye-Carignan. Bibl. royale de Turin. Papiers concernant la famille de Carignan. Catégorie 107.

2. Cf. ses portraits, reproduits par Litta. Famiglia celebri.., op. cit.; sa statue est à Novarre et son tombeau à la Superga.

3. Lettre de Choiseul à son ministre, 17 décembre 1766. Arch. du ministère des Affaires étrangères. Italie, 246.

un prince français '■ ». Sous son apparence timide, ce vieillard, chétif et ridicule d'allure, cachait un sens très vif des affaires. Diligent, appliqué, il travaillait, tous les matins, plusieurs heures de suite avec ses ministres et il était devenu, par son habileté, plus puissant qu'aucun de ses ancêtres ne Favait jamais été. Sa politique de bascule avait consisté à se rapprocher tantôt de la France, tantôt de la maison d\Vu triche, suivant le plus ou moins d'avantages que ces deux puissances ennemies lui proposaient pour Fassocier à leurs querelles". Pour Finstant, il était 1 ami de la France. C'est pourquoi il avait facilité Funion de sa cousine de Carignan avec le prince de Lamballe, se proposant, au surplus, d envoyer à Louis XV, pour les rtiarier en France, le portrait de deux de ses petites fdles' , les princesses Joséphine et Marie-Thérèse qui assistaient à la cérémonie avec leur père et leur mère, le duc et la duchesse de Savoie, leur oncle, le duc de Chablais, leur frère, le prince de

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