Mercy à Marie-Thérèse, i6 avril 1771. Id., ibid
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« adresser ù M"'" Du Barr\ , ne fût-ce qu une fois, la parole' », Marie- Antoinette ne pouvait se décider à ce qu elle appelait « une chose contre llionneur » et le roi « lui marquait son mécontentement par des bouderies ». Avec cela, le duc de la \ auguyon lespionnait. Mesdames se montraient susceptibles, ombrageuses, « leurs conseils énervaient madame la daupliinc" » et, pour le dau- ])liin, c( le Jîai lux né lait pas venu, la matière était encore en globe' »,
C est au milieu de cette détresse morale que Marie-Antoinette rencontra la princesse de Lamballc. Bonne, douce' et de caractère honnête*, la belle-fiUe du duc de Penthièvre restait éloignée des querelles de Cour, étrangère aux intrigues qui s y tramaient. Sa bonne humeur, sa franchise, sa simplicité, en même temps que le souvenir de ses
I. Marie-Thérèse à ^larie-Antoinette, i3 février 1772. /</., ibid. •1. Mercy à Marie-Thérèse, 2 septembre 1771. Ici., ibid.
3. Joseph II à Léopold. 9 juin 177.5 (Introduction à la Correspondance secrète entre..., op. cit.
4. Cf. Notes historiques du comte d'Espinchal. Bibl. de Cler-
raont-Ferrand.
;■). Cf. Mémoires de M"" d'Oberkirch et Mercy à Marie-Thérèse, 7 juin 1774. Correspondance secrète entre..., op. cit.
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malheurs, la rapprochèrent de Marie-Antoiiietle qui s'intéressa à elle et lui témoigna bientôt « une affection toute particulière^ ». La dauphine avait le désir naturel de séduire et s'y employa. Elle montra à M"'" de Lamballe plus de grâce qu'aux, autres femmes, parce que, plus que les autres, elle lui plaisait. La princesse avait une figure très agréable, des cheveux superbes et <( beaucoup d'élégance dans toute sa personne' ». Elle était vive, enjouée, câline; elle avait, sous ses robes de veuve, de jolies robes mauves dont les tons attiédis rendaient plus apparente la radieuse beauté de son teint, conservé l'air candide, étonné et charmant des toutes jeunes filles. Elle avait, disait-on. a Fesprit qui suffit à une jolie femme' », parlait peu, semblait toujours distraite, ne marquait pas d'opinion'. On ajoutait luème que sa vivacité et son air enfantin « cachaient agréablement sa nullité » " . Le vrai, c'est que M'"" de Lamballe ne bril-
I. Cf. Mercy à Marie-Thérèse, 17 mars 1771, aS septembre 1774, i5 janvier I77.>. Correspondance secrète entre..., op. cit. ■2. Mémoires de M'"° Vifj'ée-Lebrun.
3. Comte d' Espinchal. Manuscrit cité. 4- Cf. Mémoires de M""» de Genlis, t. II. 5. Id., ibid.
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lait pas dans la conversation, ayant, aussi bien, conservé du pays où elle était née un naïf zézaiement qui donnait un accent puéril à toutes ses paroles. Elle ne savait Jii se niocpicr ni médire et ignorait 1 art, alors à la mode, de tracer, en quelques mots, mêlés d'absinthe et de miel, le portrait de ses semblables ; mais elle possédait, au plus haut degré, rintelligence du cœur.
Elle n avait pas été si tôt conquise que la daupliine. En elle, le travail fut long, mais intense et profond, de la tendresse qui nait et grandit. Quand elle fut prise, ce fut pour toujours; elle se cantonna, se barricada dans son bonheur d aimer Marie-Antoinette. Hors cela, « tout n'était pour elle que fumée, que nuit obscure et ennuyeuse ». Et cette femme, à qui M"^^ de Genlis a sottement fait un renom de sottise, comprit à merveille les douceurs comme les devoirs de Tamitié. « Lusage dun ami, dit Montaigne, est plus nécessaire et plus doux que les éléments de leau et du feu. » La princesse voyait enfin un terme à son isolement. Sa Aie avait vui but, son cœur n'était plus vide. Et c'était la femme, non la dauphine
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qu elle aimail. La dauphine avait eu des amies, la femme u en avait pas eu. Marie-Antoinette fut charmée de cette affection qui ne demandait rien. Elle eût désii'é que M"" de Lamballe ne la quittai jamais. Puis elle voyait bien que a la vie habituelle de M. de Penthièvre, à Paris ou dans ses terres, ne pou\ait offrir, à sa jeune belle -fille, les plaisirs de son âge, ni lui assurer pour l'avenir un sort dont elle était privée par son veuvage*». Elle songea alors que, pour garder auprès d'elle sa « chère Lamballe » , et pour lui ôter à j amais Fair soucieux qui attristaitparfois sa tête souriante tout éclairée par des cheveux blonds, le mieux était de la marier et avec quelqu un qui eût une fonction à la Cour. Justement, une amie de Choiseul, la comtesse de Brionnc-, alliée à la maison d Autriche et, à cause de cette alliance, fort ambitieuse pour ses enfants, auxquels elle eût voulu faii'C reconnaître un rang intermédiaire, comme princes étrangers, entre les princes du sang et la noblesse', cher-