‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 106 sur 269 · I. Cf. IJ., ibid · texte numérisé non relu

I. Cf. IJ., ibid

■1. Mémoires de M""» Campa n.

tiire, au moins un relâchement. G est 1 égalité qui fait la durée des amitiés féminines, les femmes n'étant point, à Fordinaire, détournées de leurs amies par lambition et par Fargent. L'intérêt, le but de la vie, comptent moins pour elles que pour les hommes et la difl'érence des situations n'est pas aussi marquée. Mais Marie- Antoinette était reine de France. Entre elle et M""^ de Lamballe, dont le sorl était jadis presque identique, l'impitoyable étiquette allait dresser une barrière. Puis !a reine jouirait d un pouvoir immense : ne s en prévaudnul-clle pas auprès de son amie et celle-ci ne chercherait-elle pas à abuser de son influence ? Déjà le deuil de la Cour éloignait Marie- Antoinette de M""" de Lamballe et celle-ci, pour obéii* au dét^ir de son beau-père, partait, avec lui, pour la Bretagne . oii le duc de Penthièvre avait été chargé, por le nouveau roi, de présider les Etats V La séparation fut pénible, et, malgré les témoignages de sympathie dont on entoura la princesse

I. Cf. rortaire. Mémoires pour servir à la vie de M. de Penthièvre ; Currespundance secrète entre Marie-Thérèse et le comte de Mercy-Argentcau • Mémoires secrets pour servir à la République des lettres, cti:.

if^T. LA PRINCESSE DE L.VMBALLE

« qui se concilia tous les cœurs de la province » ' , son séjour lui sembla long, qui ne dura que luiit semaines. La reine lui écrivait de retourner bien vite et de la venir- voir dès son arrivée, « dans tel état qu'elle fut » -. M""' de Lamballe ne résista pas à cet appel : elle laissa son beau-père en Bretagne et se pressa d'accourir à Versailles '. Elle entra chez la reine par Tantichambre où se tenaient les femmes. Introduite dans le « cabinet doré » *, elle fut délicieusement surprise de voir son portrait que, pendant son absence, la reine avait fait peindre sur la glace " de cette pièce, où les deux femmes, heureuses de se retrouver, jurèrent de ne plus se quitter. Une amitié vraie les unissait. La princesse se laissait diriger par Marie- Antoinette % ne cherchant qu à faire plaisir à une amie qui était

1. Cf. sur le séjoui' en Bretagne de M"* de Lamballe, Arch. d'Ileet-Vilaine, C 1793. [Infentaire t. I" et II).

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