I. Cr. Aich. liai. Même dossier
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Maurice de Carignan *, pour lequel Mazarin avait fait, alors, revivre le titre de comte de Soissons. La comtesse de Soissons avait le goût de 1 intrigue et de la domination. Elle était, en tout, Fopposé de la duchesse de iSavailles. L'une cherchait à prendre, sur 1 esprit du roi, linfluence qu'elle avait perdu en lui facilitant ses entreprises amoureuses, lautre, très prude, allait jusqu à mettre des grilles aux fenêtres des filles d honneur de la reine qui étaient sous ses ordres. Il y eut des disputes et des réclamations. Louis XIV dut interposer son autorité pour régler les droits de la surintendante et de la dame d honneur. La comtesse de Soissons se plaignit à tort d'avoir été sacrifiée à sa rivale et poussa son mari, dont la complaisance et la soumission étaient bien connues, à provoquer en duel le duc de Xavailles '. A la suite de ce duel, la comtesse fut éloignée de la Cour mais elle ne tarda pas à y reprendre sa
1. C'était le grand-père du fameux prince Eugène et, par conséquent, l'arrière-grand-oncle de M"« de Lamballe.
2. Cf. Biographie Michaud : du Bled. La société française au XVII" siècle ; les lettres de M™» de Sévigné et les divers Mémoires. du temps.
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place et elle s'engagea, alors, avec son amant, le marquis de tardes, dans une dangereuse cabale contre M"- de la Vallière. Lintrigue fut découverte, mais la surintendante sut persuader au roi qu'elle avait été ourdie par M""' de Navailles, que M"'" de Montansier remplaça auprès de la reine en qualité de dame d honneur ' . Ce triomphe de la comtesse de Soissons ne fut pas de longue durée, car, quelque temps après, les relations qu'elle avait entretenues avec la Voisin laissant planer sur elle d'étranges soupçons, elle fut de nouveau exilée et n'obtint son pardon qu en offrant la démission de sa charge de surintendante, qui fut achetée 200.000 écus, par la marquise de Montespan '.
On sait de quelle manière M'"*" de Montespan s'acquitta de ses devoirs envers Marie-Thérèse, dont la mort fit cesser le scandale de voir une reine de France outrageusement supplantée par la
1. Cf. Lettre de M""» de Sévigné à M""= de Grignan, iH décembre 1771.
2. En 1780. ces soupçons semblèrent se préciser et M'"^ de Soissons fut obligée à quitter précipitamment la France. Réfugiée en Flandre, elle y fut accueillie par les huées de la foule qui la traitait d'empoisonneuse.
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surintendaiite de sa maison et ce n'est qu'en j 723, après le mariage de Louis X\' avec Marie Leckzinska, que le duc de Bourbon, premier ministre, rétablit la charge de surintendante au profit de sa sœur, M"" de Clermont ', à laquelle il fit donner So.ooo livres de pension, en plus des iG.5oo livres, dont avaient joui, sur les états de la Maison de la reine "', la comtesse de Soissons et la marquise de Montespan.
Des difl'érends, d'une singulière âpreté, ne tardèrent pas à survenir entre la surintendante et la dame d'honneur, M"" de Boufflers. La dame d'atours. M"'" de Mazarin, et le marquis de Nangis, chevalier d'honneur', prirent parti pour M"" de Boufflers. M'"^ de Clermont et sa sœur M"" de Charolais, altières et violentes, avaient, dès le jour
1. Marie-Anne de Bourbon, née le i() octobre 1697 était la quatrième fille de Louis de Bourbon, j» du nom, et de Louise Françoise de Bourbon (M"° de Nantes, légitimée de Louis XIV). Elle était très brune, avec de grands yeux noirs, une allure provocante et fière. Son portrait est à Versailles. Elle est représentée déguisée en pèlerin. Elle avait épousé en secret Louis de Melun, duc de Joyeuse.
2. Cf. Arch. nat. O' 3742. Rèfflemeni pour les fonctions de la surintendante delà maison de la reine, 17 avril 1725.