Arch. liât. O
l56 LA PRINCESSE DE LAMBALLE
agréments de la vie privée . Elle savait que la princesse de Lamballe n'était pas assez riche pour « tenir maison » à la Cour et elle ne voulait pas se priver d'une amie aussi chère, en un moment où sa dame d'atours, la duchesse de Cossé, parlant de se retirer, elle avait peur d'en être réduite à l'unique et ennuyeuse société de la comtesse de ÎNoailles, qu'elle appelait, par dérision. M'"" lEtiqaette.
En 1771, la duchesse de Cossé, dont le mari était c( grand favori de la sultane » \ avait été, à défaut de M"'- de Saint-Mégrin ", imposée par le roi Louis XV à Marie-Antoinette qui avait été assez mécontente de ce choix. Mais la nouvelle dame d'atours n'avait pas tardé à charmer la dauphine par l'élévation de son caractère et les grâces de son esprit. Elle ne s intéressait à aucun parti, voulant surtout que sa maîtresse fût aimée de tout le monde ^ Elle était gaie, franche, hon-
1. Cf. Lettre de M""= Du Deffand, citée en note par d'Arnelb et Geffroy, Correspondance secrète entre..., op. cit. La sultane, c'est M-"» Du Barry.
2. Mercy à Marie-Thérèse, 22 mai 1771. Correspondance secrète entre..., op. cit.
3. Lettre du comte de Greutz à sa cour (Arck. de Suède), citée par d'Arneth et Geffroy. Id., ibid.
SURINTENDANTE iS;
nête ' et montra bien son indépendance en refusant, un an à peine après sa nomination, d'assister, chez M""" de la Vrillière à un souper où avait été conviée la Du Barry ".
M"'' de Cossé remplissait, avec zèle et intelligence ^, une place qu'elle aurait refusée de grand cœur, si son mari ne lavait demandée à son insu '. Mais elle n était guère accoutumée à la vie de la Cour et sa santé délicate lui rendait très pénible son service ; ' aussi, pensait-elle à se retirer depuis longtemps. Et il est à remarquer que Marie- Antoinette 2^£nle de rétablir la charge de surintendante, chaque fois que la duchesse de Cossé lui demande de remettre ses fonctions. Ainsi, dès le mois de juillet 1774, la dame d'atours étant un peu souffrante, le bruit que M"'" de Lamballe va être nommée arrive jusqu'à la comtesse de JNoailles, qui en est alarmée au