‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 118 sur 269 · II juin 177.Ï · texte numérisé non relu

II juin 177.Ï

4. Le 3 juillet, naissait, au château d'Anel, le duc de Montpensier, 2« fils du duc de Chartres.

5. Cf. Mercy à Marie-Thérèse, 20 avril 1775 et i5 juillet 177.1. Correspondance secrète entre..., op. cit.

SURINTENDANTE I Sg

démission la reine qui, malgré ses regrets très sincères, n'ose refuser '.

Aussitôt M""" de Cossé partie, Marie- Antoinette va demander au roi de nommer la princesse de Lamballe surintendante de sa Maison. Louis XVI hésite, consulte ses ministres, montre quelque résistance, mais finit par accepter, qui n'ose rien refuser à sa femme, et la reine peut écrire, toute joyeuse, à un ami à Vienne :

(( J'ai demandé au roi... de prendre Lamballe pour surinlendante. Jugez de mon bonheur ! Je rendrai mon amie intime heureuse et j'en jouirai encore plus qu elle ! C est un secret... » ".

Ce secret fut bientôt connu de toute la Cour. On conimença par murmurer, par se plaindre, puis on intrigua. Les princesses du sang, les vraies, car M"'" de Lamballe n'était que la douairière d'un prince légitimé, réclamèrent la place pour elles. La comtesse de la Marche, à l'instigation de son beau-père, le prince de Conti, fit valoir ses droits de princesse du sang la plus âgée.

1. Cf. Marie-.\nloinelte à Marie-Thérèse, 22 juin 177.^. hl., ibid.

2. Marie-Antoinette ù Rosenberg, i3 juillet 177;'). hl., ibid.

l6o L\ PRINCESSE DE LAMBALLE

Le prince de Condé cria à 1 injustice : il n y avait que sa fdle, affirmai t-il avec véhémence, qui pût être investie des fonctions jadis occupées par sa tante, M"'^ de Clermont '. Sa liaine pour les bâtards de Louis XI\ le poussait à rechercher 1 alliance du prince de Conti. Ils s'unirent et complotèrent ensemble . Ils s entendirent pour abandonner, au profit Fun de Fautre, leurs prétentions. Qui, de M""' de la Marche ou de M"' de Condé, serait nommée ne leur importait guère, pourvu que ce ne fût pas la princesse de Lamballe. Leurs efforts échouèrent contre la volonté très nette de Marie- Antoinette ', comme avaient échoué les conseils de Mercy ' et, « le div-neufvième jour du mois de septembre, » malgré la puissante cabale qui s'était formée contre elle, « la dame Princesse de Lamballe prêtait, entre les mains de Sa Majesté, la Reine étant à Versailles, le serment dont elle était

1. Cf. Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la République des lettres 28 septembre 1776 (additions).

2. Quoique puisse dire le comte de Mercy, dont le rôle fut toujours de chercher à éloigner Marie-Antoinette de ses amies. (Cf. Mercy à Marie-Thérèse, iG août 177.5. Correspondance secrète entre..., op. cit.)

3. Cf. Mercy à Marie-Thérèse, 1 5 juillet 1773, 16 août 1773. Id.. ibid.

SURINTENDANTE ibl

tenue pour raison de la charge de Chef de son Conseil et de Sur-Intendante de sa Maison, dont elle était pourvue » * par une lettre patente du roi en date du iG septembre ".

M"" de Lamballe n'était pas plus tôt en place ([uun parti se forma à la Cour qui, sous le prétexte « d éclairch- la nature et les droits '' » d une fonction dont la renaissance Favait mécontenté, essaya d'en diminuer les attributions et d en restreindre les avantages. On commença par déterrer le règlement qui avait été fait, en 1723, pour M"" de Clermont, mais on fut bien déçu d'y trouver, au lieu des restrictions que Ton cherchait, la confirmation détaillée des importantes prérogatives de la charge *. On décida, alors, de faire adopter par le roi un autre

1. Date du serment de la surintendante inscrite sur le parchemin de la première patente (patente du i6 septembre). Bibl. roy. de Turin. Héritage Lamballe. Catégorie 107, n" 3. Papiers regardant les princes de Carignan.

2. « Louis, par la grâce de Dieu... à ces causes et autres grandes considérations... nous avons donné et octroyé à notre très chère et très aimée cousine Marie-Thérèse-Louise de Savoye Carignan... l'état et la chffrge de Chef du Conseil et Sur Intendante de la maison de la Reine... Donné à Versailles le seizième jour de septembre de l'an de grâce mil sept cent soixante-quinze de notre règne le deuxième. » [Bibl. royale de Turin.)

3. Mercy à Marie-Thérèse, 19 octobre 1775. Correspondance secrète entre..., op. cit.

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