C'est maintenant le cabinet du gûuveriieur de la banque
3. Cf. M. Thiery. Guide des amateurs et des étrangers, t. II, 178G.
4. Ces statues existent encore : elles se trouvent dans le salon du gouverneur de la Banque de France, où il reste aussi deux Boucher de forme ovale, mentionnés par Thiéry et oubliés sans doute par Lemonnicr et Moreau, en l'an II, lorsqu'ils firent leur inventaire.
éclairaient la salle, donnaient aux meubles, aux tentures, une teinte lunaire.
La reine arrive. Elle est contente d'être reçue en simple particulière chez son amie. Mais, la princesse étant veuve, n'a, par étiquette, cette étiquette dont Marie-Antoinette déteste les perpétuelles entraves, invité que des femmes. On passe dans la salle à manger. On s'installe. Aux murs de la pièce, sont accrochés les portraits en pied de Louis Xlll, le taciturne, et de son terrible ministre, le cardinal de Richelieu, en robe rouge'. Ce ne sont pas de divertissants convives. Le repas est morne, la conversation languit, Marie-Antoinette est déçue plus qu'on ne saurait dire : elle s'ennuie et se presse, dès la fin du souj)er, de quitter le glacial hôtel de Toulouse pour courir au bal du duc de Chartres.
La princesse est si malhabile que « personne ne lui prend d'intérêt' », Elle est en désaccord avec Vermond, avec Mercy, en dispute avec les
i. Par Philippe de Champaignc. Cf. M. Thicry. Guide des amateurs et des étrangers .
2. Mercy ù Mai-je-Thérùse, iG octobre 1779. Correspondance secrète entre Marie-Thérèse et le comte Mercy-Argcnteau, op. cit.
SURINTEXDANTE ig'i
dames dlionneur et d'atours, détestée par tout le clan Polignac. Le prince de Condé ne lui pardonne pas d'avoir été nommée surintendante, Joseph II la juge mal et la reine ne se cache plus pour dire qu'elle regrette de Tavoir mise à la place qu'elle occupe \
Cependant, elle fait son devoir avec zèle, comme elle peut. Ce n'est pas le dévouement qui lui manque, ni l'attachement à sa maîtresse. Elle ne sait pas amuser son amie, mais elle sait être tendrement docile à toutes ses volontés et, chaque fois qu'il est nécessaire, lui porter assistance. Au mois d'août 1778, la princesse de Carignan s'était éteinte doucement à Turin, à la suite d'une longue maladie-. Malgré son deuil et sa peine, la surintendante n'abandonna pas son service. Trois mois plus tard, la mort subite de son père ^^ dont la nouvelle lui parvint brusquement au moment des couches de Marie-Antoinette', ne l'empêcha
i. Le même à la même, i5 juin 1777. hl-, ibid. •JL. Cf. Gazette de France, 19 septembi-e 1778.