‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 143 sur 269 · Le prince de Carignan mourut le 6 décembre · texte numérisé non relu

Le prince de Carignan mourut le 6 décembre

4. Cf. Mercy à Marie-Thérèse, aj janvier 1779. Correspondance secrète entre..., op. cit. Cest le 20 décembre à onze heures et demie

igi LA. PRINCESSE DE LAAIBALLE

pas de se rendre à Versailles, où elle cacha son chagrin à son amie et de demeurer auprès d'elle, nuit et jour', pendant trois semaines.

En 1779, au mois d'avril, la reine eut la rougeole et la comtesse de Polignac étant atteinte du même mal, Marie-Antoinette « supporta avec grand déplaisir la privation d'une personne qu'elle affectionnait avec tant de préférence ». Pourtant M™" de Lamballe la soignait avec un dévouement inlassable". Mais la reine était si sûre de l'affection de la princesse, si accoutumée à sa tendresse attentive que, tout en restant fidèle, au fond du cœur, à l'amitié qu'elle lui avait vouée, étant dauphine, elle ne songeait pas à lui être reconnaissante, comme ces enfants trop choyés qui ne se doutent point de ce qu'ils doivent à leur mère. Puis, le goût des plaisirs l'entraînait, davantage

du matin que naquit Madame Royale. Cf. Journal du Roi : Couches de la reine • Mémoires de M""" Campan, Mercy à Marie-Thérèse, 20 et 24 décembre 1778.

Il V avait un an et demi environ que la reine « était en droit d'avoir des espérances ». Cf. Marie-Antoinette à Marie-Thérèse, 12 septembre 1777 et les lettres de Mercy qui précèdent.

1. Elle s'était installée dans les bains de la reine. Cf. Arch. nal. K. 161, n" 10.

2. Cf. Mercy à Maric-ThérèsCj i5 avril i77y. Correspondance secrète entre..., op. cit.

SURINTENDAKTE 195

peut-être qu'elle ne Feût intimement désiré, dans une société où l'on tournait en ridicule, oii Ton attaquait la surintendante, avec une sournoise perfidie, et elle se laissait prendre, par faiblesse, dans les imperceptibles rets qu'on lui tendait.

Ainsi, M""" de Lamballe étant allée, pour soigner une maladie nerveuse qui faisait, chaque jour, des progrès \ passer trois mois à Bourbonne-les-Bains, Marie-Antoinette, qu'elle n'avait pas quittée pendant sa rougeole, lui témoigna à son arrivée une telle froideur' que la malheureuse femme ne consentit à accompagner la Cour à Marly-^ que sur les vives instances du duc de Penthicvre, qui conseillait toujours à sa bellefille de n'abandonner aucune des attributions de sa charge.

A Marly, le temps fut maussade ; il pleuvait souvent et l'on ne pouvait aller à la chasse, ni en promenade. Après le dîner, la reine rentrait dans ses appartements et y passait plusieurs heures

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