‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 170 sur 269 · Cf. Comtesse de Béarn. Souvenirs de quarante ans · texte numérisé non relu

Cf. Comtesse de Béarn. Souvenirs de quarante ans

3. Madame Elisabeth à la marquise de Bombelles, i3 octobre 1789 {Correspondance de Madame Elisabeth),

4. C(. Registres de cérémonies de l'année 1789, cités par Beauchesne. Vie de .Madame Elisabeth, pièces justificatives.

:'). Cf. Madame Elisabeth à la marquise de Bombelles, 18 octobre l'^Sg (Correspondance de .Madame Elisabeth).

.i6', LA PRINCESSE DE LAMBALLE

remplissait ses fonctions avec zèle. Elle essaya même d'organiser quelques soirées. « La reine parut aux premières réceptions, mais elle y renonça bientôt, convaincue, dit M""' Campan, que sa situation ne lui permettait plus de se trouver dans des cercles nombreux ». Ce n'était là qu'un prétexte ; le vrai, c'est que les deux amies, après les premières effusions de l'arrivée, avaient été séparées par un grave dissentiment.

Marie-Antoinette était en haine avec le duc d'Orléans qui passait, à ses yeux, pour le chef des factieux et pour le complice des ennemis du trône. Elle l'accusait de soudoyer les gardes françaises, de spéculer sur la cherté des grains \ d'avoir organisé les journées d'octobre-. Il lui apparaissait comme un monstre d'infamie. Elle l'avait méprisé d'abord, elle l'exécrait maintenant, et le craignait. Or elle savait que la surintendante était fort liée, sinon avec le duc, au moins avec

1. Cf. La correspondance du député J. F. Feydel, publiée dans La Quinzaine du i«' octobre 1904.

2. Cf. sur la complicité des Orléanistes dans lesjournéea des 5et6 octobre, E. Dard. Un acteur caché du drame révolutionnaire. Le amènerai Chodeilos de Laclos. Pour l'auteur de ce livre très documenté, « cette complicité ne paraît pas douteuse ».

LES dp:buts de la. révolution '265

la duchesse cFOrléans et qu'elle allait souvent au Palais-Royal. Elle voulut interrompre ces relations, briser une intimité qu'elle jugeait offensante pour elle, et elle exigea de M™" de Lamballe qu'elle fit savoir par écrit, au duc d'Orléans, qu'elle ne pouvait soutenir sa vue, à cause de ses méfaits '.

La princesse se refusa à écrire une pareille lettre. Elle ne croyait pas à toutes les accusations portées contre le Palais-Royal et craignait-elle surtout que la démarche injurieuse qu'on exigeait d'elle ne forçât à ne plus la rencontrer jamais la duchesse d'Orléans, si triste et si seule, privée de ses enfants et empêchée de revenir aux Tuileries, par la volonté d'un mari qui la délaissait publiquement'.

Marie-Antoinette était ardente dans ses rancunes. Elle maintint l'ordre qu'elle avait donné. Entre elle et la surintendante, il y eut des scènes désagréables. M'"^ de Lamballe résistait désespéré-

Page 1