M"»* de Tourzel
LA FUITE 3o5
Avant de partir, elle savait si bien qu'il lui faudrait se dévouer « jusqu'à son dernier soupir », qu'elle avait fait son testament. Elle n'avait oublié personne, ni Marie-Antoinette i d'abord — a en témoignage de reconnaissance, écrit la princesse, de celle à qui elle a donné le titre d'amie, titre bien précieux qui a fait le bonheur de ma vie et que j'ai toujours aimée et chérie » — , ni le duc de Penthièvre ', ni la duchesse d'Orléans, ni ses amis d'Aix, M"® de Brunoy, MM. de Glermont- Gallerande et de la ^ aupalière (qu'elle instituait ses exécuteurs testamentaires) , ni M"""* de Lage et de Ginestous, ni ses femmes et ses domestiques, ni le D' SailTert et l'Hôtel-Dieu.
Elle quitta Aix-la-Chapelle le 29 octobre. Son voyage fut paisible. « Le pays était tranquille, mais le peuple lui parut triste ». Tout le long de la route, elle rencontra une multitude de « gens
1. Elle lui demandait « d'accepter pour dernière grâce sa montre à réveil, pour lui rappeler l'heure de leur séparation, et une Madelaine peinte en émail, de Tournon ». [Testament fait par S. A. la princesse de Savoie-Lain balle, le i5 octobre 1791, d Aix-la-Chapelle. Bibl. royale de Turin, catégorie 107.)
1. Elle lui laissait le portrait de la reine « peint en émail avec celuy de Louis XIV peint également en émail avec une bague de turcoise garnie de diamants, n [Bibl. roi/, de Turin, même dossier).
3o6 L\ PRINCESSE DE L.VMBALLE
à pied et en voiture ' » qui désertaient, tandis qu'elle allait bravement occuper, auprès de la reine, une place dangereuse et qu'on n'essayait plus de lui disputer.
Elle arriva à Paris le 4 novembre".
1. M"« de Lamballe à la landgrufin de Hesse, 9 novembre 1791.