‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 215 sur 269 · D'' Saifferl. Robespierre der Hepublicaner · texte numérisé non relu

D'' Saifferl. Robespierre der Hepublicaner

ce projet. La princesse était la belle-fille du vénéré duc de Penthièvre, la parente du duc d'Orléans, elle faisait partie de la franc-maçonnerie et son retour de l'étranger Favait rendue populaire.

Il est à remarquer, du reste, que ni Marat, ni Hébert, ni Fréron, ni aucun des journalistes démagogues n'attaquèrent M"' de Lamballe. Ce sont les ennemis de Robespierre et de Danton, \ ergniaud, Brissot, Gensonné, Carra, les seuls qui songeassent, alors, à établir la République, qui portèrent, contre la surintendante, toutes les accusations. Ainsi, avant que l'article de Carra ne parût, Vergniaud s'était écrié à la tribune de l'Assemblée :

« Je vois ce palais oii les conseillers pervers trompent le roi que la Constitution nous donne, forgent ces fers dont ils veulent nous enchaîner et ourdissent ces trames qui doivent nous livrer à la maison d'Autriche... Que tous ceux qui habitent ce palais sachent que la Constitution ne promet l'inviolabilité qu'au roi. . . , qu'ils apprennent que la loi y atteindra tous les coupables et qu'il n'y sera pas une tête convaincue d'être criminelle qui puisse échapper à son glaive ! »

DES TUILERIES A LA PETITE FORCE iii

Les Annales palriotiques visaient, en même temps que M"" de Lamballe, deux anciens ministres, Montmorin et Bertrand de Molleville, qui portèrent plainte. Carra, cité devant le juge de paix La Rivière, se contenta de dire qu'il tenait ces faits de trois membres de la Législative, Bazire, Merlin et Chabot '. La Rivière eut Timprudence de lancer un mandat d'amener contre les trois députés, et, de ce fait, fut envoyé par l'Assemblée à la Haute-Cour d'Orléans.

Au contraire, le roi, jugeant que sa « tranquillité et l'intérêt de l'Etat ne permettaient pas de passer sous silence des calomnies » ' qui atteignaient la reine, prescrivit au garde des sceaux de traduire les dénonciateurs devant les tribunaux et écrivit à l'Assemblée une lettre où il demandait a que cette affaire fût éclaircie ».

C'est en pleine Assemblée que les Girondins

1. Cf. Aulard, La SocuHc des Jacobins, séances du 17 mai et du 7 juin 1792.

2. Cf. Le comte de Fersen au roi de Suède, i j juin 1792. Le comte de Fersen et la Cour de France.

3. Louis XVI au président de l'Assemblée, y.o mai 1792. Louis XVI, Maric-Anloineltc et Madame Elisabeth.

répondirent à cette lettre du roi. Gensonné commença par attaquer « les personnes attachées au château » \ puis Brissot ayant pris la parole : ce Qu"entend-on par Comité autrichien? dit-il. C'est une faction d'ennemis de la liberté qui ont constamment trahi le peuple et sacrifié les intérêts de la nation à ceux d une famille » '. Chabot fut plus précis. Il prétendait avoir en mains cent quatrevingt-deux preuves de trahison, « Du reste, affirmait-il, M. de Montmorin s'est embarqué à Boulogne-sur-Mer avec M. Caraman et la Lamballe ».

Dans la séance du soir, il fut clairement démontré que la lettre des officiers municipaux de Boulogne -sur -Mer, sur laquelle Chabot avait appuyé sa dénonciation, était supposée et que, même si elle eût été véritable, <( l'ex-capucin » avait — sans le vouloir, disait-il — confondu M-"' de Lambesc avec M""' de Lamballe \

On ne demanda pas à Chabot de fournir d'autres preuves et, soit qu'elle ait été classée par ordre,

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