‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 216 sur 269 · Séance du 28 mai 1792. Moniteur. 29 mai · texte numérisé non relu

Séance du 28 mai 1792. Moniteur. 29 mai

DES TUILERIES A LA PETITE FORCE 3.i3

soit encore que la marche rapide des événements lait fait oublier, Taflairedu Comité autrichien n'eut pas d'autre suite.

Aussi bien l'heure des polémiques de presse était passée. Un soulèvement se préparait. L'Assemblée voulait forcer Louis XVI à sanctionner deux décrets, Tun pour la formation d'un camp de 20.000 hommes sous Paris, Fautre pour la déportation des prêtres insermentés * . Le roi refusait. Privé de sa garde constitutionnelle -, il ne pouvait accepter de mettre à la disposition des clubs 20.000 révolutionnaires et il serait mort plutôt que d'approuver la persécution de son église. C'est pourquoi, malgré la démission de trois ministres girondins *, il opposa officiellement son veto aux deux décrets de l'Assemblée. C'était le 19 juin ; le lendemain, la foule envahissait les Tuileries.

I. Cf. Moniteur, mai et juin 1792; Mémoires de Dumouriez, etc.

■2. Composée d'un tiers des troupes et de deux tiers de gardes nationaux sous les ordres du duc de Brissar, <-ette garde était sincèrement dévouée au roi. Cf. Mémoires delà duchesse de Tourzel, et Mémoires de Malouet.

'î. Roland, Clavière et Ser%-an. Dumouriez leur su(;céda le l'J juin, mais ne resta que deux jours au ministère. (Cf. Mémoires de Dumouriez, t. I"'.)

Dès cinq heures du matin, le rappel est battu ; à midi, « les faubourgs sont dans la rue Saint-Honoré » et les insurgés, par la cour qui sépare le jardin des Tuileries et le Manège, entrent dans la salle des séances de F Assemblée oii ils défilent jusqu'à trois heures et demie \

En sortant du Manège, la foule pénètre dans la cour des Tuileries et se précipite, par la porte de la Cour Royale, dans le palais : « Jamais, écrit Fersen " , les vagues furieuses de la mer ne m'ont semblé si dangereuses ». Le roi était dans sa chambre avec sa famille. 11 consent à se montrer au peuple et passe dans 1 OEil-de-Bœuf, tandis qu on entraîne Marie-Antoinette, la princesse de Lamballe et les autres dames de la reine dans 1 appartement du dauphin.

De là, on percevait des cris féroces : « A bas M, Veto, M"" Veto et toute leur séquelle î » ' et Ton craignait pour le roi que Marie-Antoinette

I. CLMcmoircs de M™« Canipan ; Moniteur, n" 174; Arch. nat. f' 3G88.

is. Bulletin de ce qui s'est passe aux Tuileries le -20 Juin 1792. [Le comte de Fersen et la Cour de France.)

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