Cf. Thiéry. Guide des amateurs et des étrangers
3. Cf. Abbé Goyer. Le testament littéraire de l'abbé Desfontaities,
4o LA PRINCESSE DE LAM BALLE
paniers sont le plus volumineux qu'il est possible, la soie épaisse et lourde et le « corps à baleines », dur comme une cage de fer. Il faudrait, selon l'étiquette du siècle, poudrera neige les cheveux qui tombent jusqu'aux pieds de la princesse. Mais ce serait la dépouiller de sa plus belle parure. On noue par un ruban, placé haut sur la tête % ses lourdes nattes, aux tons d'or clair, et c'est à peine si Ton en attiédit l'éclat par un nuage.
L'heure presse. Déjà, on entend dans la cour de l'hôtel, des voitures qui roulent, des chevaux qui piaffent et s'ébrouent. Les invités commencent à arriver et c'est, débouchant de la petite rue de la Vrillière, coupant une queue de foule que les sergents du guet ont de la peine à contenir, un défilé de carrosses armoriés, surchargés par un monde de laquais poudrés, précédés de coureurs galonnés écartant les curieux avec leur canne à pomme d'or '.
L'hôtel n'est pas illuminé ^, à cause de la mort
1, Cf. Aïmanach de Gotha, 1768.
2, Cf. M"* de Genlis. Dictionnaire des étiquettes .
3, Fortaire. Mémoires pour servir à la fie de M. de l'ent/iiévre.
L HÔTEL DE TOULOUSE f^l
récente de la comtesse de Toulouse, et, seulement, deux réverbères à l'huile éclairent, de leur lueur falote, les statues de Mars et de Pallas, assises sur le bandeau d'entablement qui couronne la porte cochère ' Passée l'entrée, les hôtes du duc de Penthièvre descendent de leurs carrosses, escortés par les suisses, les majordomes, les gardes, les valets de pied.
Au rez-de-chaussée de l'hôtel, à gauche, se trouve l'antichambre, où l'on a rangé en cercle, par ordre chronologique, les bustes de tous les Amiraux de France, depuis Florent de Varenncs jusqu'au comte de Toulouse et au duc de Penthièvre ", et ces blanches figures mortes donnent à la pièce, malgré l'or des voussures, un aspect lugubre de cénotaphe.
Mais ce n'est pas là, c'est au premier étage que le souper doit avoir lieu. On monte l'escalier monumental. Il est (( splendide et délicat ^ », d'un jet hardi, en même temps que d'une harmonieuse