I. Maton de la Yarenne. Les crimes de Marat..., op. cil
Jusqu'ici, l'ordre écrit qui déchaîna les massacres n'a pas été découvert, mais la Commune écrivait, le 2 septembre, aux membres de la section des Quatre-A'ations : « Mes camarades, il fous est ordonné de juger tous les prisonniers de l'Abbaye, sans distinction, à l'exception de l'abbé Lenfant, que vous mettrez dans un lieu sur. A l'Hôtel de Ville, le 2 septembre Panis, sergent, administrateur, Méhée, secrétaire greffier », et renchérissait le jour même par l'arrêté suivant : « Le conseil général de la Commune ordonne que tous les individus détenus à la Force pour dettes, mois de nourrice, ou militaires pour cause de discipline, soient mis en liberté sur-lechamp, en ayant soin toutefois d'examiner très scrupuleusement les écrous afin d'éviter qu'aucun contre-révolutionnaire puisse se soustraire à la loi du -2 septembre 1792. Nicoult, Columbcau, Méhcc secrétaire greffier adjoint. »
SEPTEMBRE 3'jl
de M"'^ de Lamballe. Il se rendit chez Pétion, chez Danton, chezMarat. Partout, on reconduisit. Seul, Robespierre, auquel il fit « avec ferveur », Télogc de la princesse jjromit d aller aussitôt à la Force et de s'entremettre en faveur de l'amie de la reine.
Ce n'était qu'une feinte, au dire du médecin saxon, qui apprit bientôt que Robespierre Tavait joue'. Saiifert essaya alors de secouer Fapathie bien connue du duc d'Orléans, Le duc, gardé à vue au Palais-Royal-, ne pouvait sortir, mais il écrivit à Danton une lettre pressante. Le tribun lui répondit que son désir était devancé, qu'il avait déjà ordonné la mise en liberté des femmes prisonnières. Le docteur apporta au duc d'Orléans le billet de Danton : « La princesse est sauvée », dirent-ils ensemble en « versant des larmes de bonheur ))^.
C'était le soir du 2 septembre. A onze heures, un homme à longue barbe parut à la prison de la
1. L'opinion de Saifferl était, comme on sait, que Robespierre, Pétion et Danton avaient décidé la mort de M"'" de Lamballe pour supprimer un témoin g-ènant de leur adhésion aux desseins de la reine qui consistaient à les faire entrer dans un ministère avant le 10 août.