Cf. Maton de la Varenne, Les crimes de Marat..., op. cit
3. Domenico Garutti, dans les Miscellanca di Storia Patria, a publié deux lettres qui accusent Rotondo. La première est d'Etienne Borel, secrétaire delà résidence de Genève à Londres. Répondant à une demande de renseignements sur Rotondo que lui avait adressée le baron Vignet, ministre du roi de Sardaigne en Suisse, il répondit qu'il avait vu lui-même Rotondo se vanter au café d'Orange, dans Picadilly, d'avoir pris part aux massacres de septembre : « C'est moi, s'était-il écrié, c'est ce bras qui a porté au bout d'une pique la tète de M""" de Lamballe. Oui, c'est moi qui l'ai poi'tée à la reine. »
Mallet du Pan, ayant aussi demandé des renseignements sur Rotondo à l'ancien ministre Bertrand de Molleville. reçut cette réponse que, contrairement à ce que l'on croyait, Rotondo n'était parti pour Londres qu'à la fin d'octobre 1792.
Cf. aussi, sur la part prise par Rotondo aux massacres de septembre, i?cf;<c des questions historiques, t. XXXIV et Historia dctla Corte (Il Savoia, t. IV.
sans doute, « porte, au bout d'une pique, la tête de la princesse. Deux individus traînent par les jambes le corps nu sans tête, le dos contre terre et le ventre ouvert jusqu'à la poitrine ». Un charbonnier tient avec un bâton un lambeau de chemise trempé de sang et de boue. Un égorgeur étale les entrailles de la victime^ et un autre, plus horrible, « tenetpUis tolam ciinni exteriorem partem quam ipse a cadavere exiderat ' » .
Par les rues des Francs-Bourgeois, du Chaume, de la Corderie, ces pauvres dépouilles sont portées au Temple. « La foule est prodigieuse dans la rue » et jDousse des « cris tumultueux et prolongés 0. Les municipaux de garde auprès de la famille royale ont fait doubler les postes de la
1. Relation de Daujon, municipal de garde au Temple le 3 septembre, publiée par G. Lenolre [Maric-Antoincttc. La captivité et la mort) d"après un autographe de Victorien Sardou.
M. G. Berlin a donné, dans son livre J/™« de Lamballe, une partie de ce récit qui nous parait cire le seul authentique de ceux que l'on possède sur la profanation des restes de la princesse de Lamballe.
11 faut remarquer que Morris, généralement bien informé, rapporte les faits d'une manière à peu près identique à celle de Daujon. (Diary and letters of Governor Morris).
2. M. G. Lenolre a traduit en latin quelques lignes qu'il est impossible de citer telles que Daujon les a éci-ites. C'est sa traduction que nous donnons ici.
prison. L'un d'eux, Daujon, a tendu, devant la porte du Temple, un ruban tricolore qui ne doit pas être franchi. Il se jette au-devant de la funèlDre caravane. On l'insulte et on le menace, on lui jette (( d'horribles imprécations ; les termes les plus obscènes et les plus dégoûtants sont vomis avec des hurlements affreux >■ » .
(( Incertains de ce qu'ils doivent faire, n'osant tenter une résistance impolitique, dangereuse et peut-être injuste » ^, les municipaux s opposent à l'entrée de la Tour, mais permettent que quelquesuns des forcenés pénètrent dans le jardin. On laisse dans la rue le corps de la princesse, mais on emporte la tête livide et on la hisse sous les fenêtres de la Tour.
Le roi sortait de table. Il faisait une partie de tric-trac avec la reine. Quand les municipaux entrèrent, il leur demanda si sa famille était en sûreté :
« Oui », lui répond-on. Mais les cris redou-