‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 263 sur 269 · Relation de Daujon · texte numérisé non relu

Relation de Daujon

2. Lettre du commissaire de service à l'Assemblée, citée par Mortimer-Ternaux, Histoire de la Teneur, l. III.

blcnt'. Un homme, vêtu en garde national, avec deux épaulettes et un grand sabre, insiste pour que les prisonniers se mettent aux fenêtres. Les municipaux s'y opposent. On se dispute. La reine interroge : « G est, lui dit brutalement Thomme au grand sabre, c est la tête de M""*" de Lamballe qu'on veut vous montrer. Je vous conseille de paraître si vous ne voulez pas que le peuple monte ici. »

A ces mots , Marie - Antoinette s'évanouit. Madame Elisabeth et Cléry la relèvent et la placent dans un fauteuil :

« Monsieur, dit le roi, nous nous attendions à tout, mais vous auriez pu vous dispenser d apprendre à la reine ce malheur affreux. »

« L'homme sortit avec ses camarades. Leur but était rempli " » .

Pendant ce temps, Daujon haranguait la foule, flattant les vils instincts des massacreurs : « Les dépouilles que vous portez, disait-il, sont la propriété de tous. De quel droit prétendez-vous seuls jouir de votre conquête, n'appartient-clle pas à

I. Cf. Madame Royale. Récit des événements arrivés au Temple. 1. Journal de Cléry.

tout Paris?,.. Hàtez-vous donc de quitter cette enceinte trop resserrée pour votre gloire. C'est au Palais-Royal, c'est au jardin des Tuileries, oii tant de fois a été foulée aux pieds la souveraineté du peuple, que vous devez planter ce trophée comme un monument éternel de la victoire que vous venez de remporter * » .

« Des cris : Au Palais-Royal ! annoncent que cette ridicule harangue a été goûtée », Daujon est félicité, « rempli de sang et de vin par les plus terribles embrassades ' » et le cortège s'en va par les boulevards jusqu'à la porte Saint-Denis,

Rue de Gléry, tout près de Fhôtel de Toulouse, un inconnu ^ s'approcha de l'homme qui portait la tête :

« Où allez-vous ? lui dit-il.

— Faire baiser à cette ses beaux meubles.

— Vous vous trompez, ce n'est pas ici chez elle. Elle n'y demeure plus. C'est à riiôtel Louvois ou aux Tuileries ' » ,

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