‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 265 sur 269 · Cf. G. Lenotre. Marie- Antoinette..., op, cit · texte numérisé non relu

Cf. G. Lenotre. Marie- Antoinette..., op, cit

çant sa belle-fille, avait chargé son intendant, M. Villot^, de veiller sur elle. Quand il avait appris la mort de la princesse et les profanations dont son cadavre était robjct, Villot avait ordonné à trois serviteurs dévoués de prendre un costume

I. Cf. Alfred Bégis. Curiosités réiiohitionnaircs. Le massacre de

Dans celte brochure, a été reproduit l'interrogatoire du tambour Hervelin qui assista au massacre de la princesse et suivit son corps durant toute la journée du 3 septembre. (Arch. nat. 7» comité de surveillance séant rue Afoye, le 11 floréal l'an Ilf de la République) .

Les réponses d'Hervelin sont contradictoires. Il ne se souvient pas ou bien il avoue qu'il s'est trompé. C'est un ivrogne qui ne parle que des marchands de vin chez lesquels il est entré. II raconte, d'abord, que la tète de M""» de Lamballe a été placée sur un comptoir de cabaret, entourée d'un cercle de petits verres et que, là, le cœur aurait été rôti sur un réchaud et mangé. Puis jl revient sur cette disposition : « C'est aux Enfants-Trouvés, dit-il, qu'un homme a retiré la fressure du corps, en a arraché le cœur et l'a absorbé tout entier. »

Tout cela est, comme l'a déjà écrit M. Lucien Lambeau, de la « haute et lugubre fantaisie. »

II en est de même, pensons-nous, d'un autre document qui se trouve auxArcli. nat. /^' 4504. Un nommé Freneau y est accusé d'avoir mordu le cœur de la princesse de Lamballe.

Ces deux pièces malgré leur allure officielle sont datées, il ne faut pas l'oublier, d'une époque où les crimes de la Terreur étaient exagérés au centuple.

Citons pour mémoire les récits de Roch Marcandier. Histoire des hommes de proie; de Pellier, Histoire de la Révolution du 10 août 1792 ; de M. de Blanzy, de l'abbé Valentin Dufour, de Michelet, de tant d'autres... Qui sait tout ce qu'on a conté? Et le docteur Robinet, exagérant en sens contraire, n'a-t-il pas dit (Dictionnaire de la Révolution) que le corps de la princesse ne fut pas traîné par les rues, mais porté aussitôt après la mort, couvert de ses vêlements, à la section des Quinze-Vingts ?

igo LA PRI^•CESSE DE LAMBALLE

qui les rendît méconnaissables ; il leur avait donné une somme assez forte et recommandé de ne rien négliger pour mettre fui à la tragique promenade \ Et ces hommes suivaient, de halte en halte, le cortège qui était retourné dans la rue Saint- Antoine, oiî il semble bien que les assassins se soient divisés en deux bandes, l'une traînant le corj)s, l'autre portant la tête".

La première, celle qui traînait le corps, se présenta à la section des Quinze-Vingts dont le comité permanent était installé dans l'église des Enfants- Trouvés. Il y avait là Jacques-Charles Hervelin, tambour des canonniers de la section des piques, Jean-Gabriel Quervelle, ébéniste, Antoine Poucquet, canonnier de la section de Montreuil, Pierre

1. Weber raconte que le due de Penthièvre avait écrit une lettre où il disait, « dans le cas où il arriverait malheur à sa belle-fille, de suivre le corps partout où il serait porté. »

Cette lettre est trop prophétique pour être authentique. Aussi bien, n'avons-nous fait figurer, dans ce pénible récit, que ce qui nous a paru d'une rigoureuse exactitude.

2. Le procès-verbal, dont nous parlerons plus loin — l'original de cette pièce est conservée au Musée Carnavalet et fait partie d'un recueil provenant de la collection Ledru-Rollin (Fassy est le premier qui ait reproduit ce document dans son ouvrage : Laprincesse de Lamballe et la prison de la Force) — ce procès-verbal dit nettement : « Dont la tête était portée par d'autres, dans la grande rue (rue Saint-Antoine) au bout d'une pique. »

SEPTEMBRE Sgi

Ferrie, tabletier rue Popincourt. Ils apportent différents objets qu'ils ont trouvés dans les vêtements de la princesse*. C'est une Imitation de Jésus-Christ dorée sur tranches, un portefeuille de maroquin rouge, un étui contenant dix-huit assignats de cinq livres chacun, une bague d'or avec un chaton de pierre bleue tournante renfermant des cheveux blonds liés en lac d'amour avec cette devise au-dessus : ils sont blanchis par le malheur', un porte-crayon d ivoire, un petit couteau, un tirebouchon, une pince à épiler, d'autres menus objets. On donne acte, à ces hommes, du dépôt qu'ils viennent de faire et, sur un ordre de 1 Hôtel de Ville, on les envoie à l'Assemblée '. Ils s'y rendent,

I. « L'an 1792 le i'"' delà Liberté et derÉgalité, se sont présentés au comité permanent de la Société des Quinze-Vingts... (Extrait (les Minutes du procès-verbal de la section des Quinze-Vingts. Musée Carnavalet).

Cf. aussi Bégis, op. cit.

3. C'est une bague que la reine avait envoyée à son amie, à Aix-la-Chapelle.

3. Cf. Arch. nat. T 604. Renvoi par le conseil général de la Commune à son comité de surveillance l'examen et le contenu d'une des poches de .V""» de Lamballe...

Ces objets furent envoyés au Garde-Meuble (L. a. s.. Rolland). Déclaration de la remise au Garde-Meuble d"un portefeuille trouvé sur M™» de Lamballe renfermant... Arch. nat. h"' 44 'O-

Le 8 septembre furent remises à la municipalité d'autres pièces

Sga LA PRINCESSE DE LAMBALLE

laissent les objels inventoriés au Comité de surveillance ^ et reviennent par le Châtelet dans 1 intention probable de se débarrasser du corps en le déposant à la Morgue. Mais la Morgue est fermée- ; ils le jettent dans un cbantier de constructions'. Au moment oii la bande traînant le corps de M"^ de Lamballe entrait dans l'église des Enfants- Trouvés, celle qui portait la tête arrivait à la Force. Devant la porte, a un perruquier s'élança et avec une dextérité inimaginable il coupa les tresses des cheveux ». Quelques instants après, un des émissaires du duc de Pentliièvre, François -Jacques Pointel, parvint à troubler la raison de l'homme qui tenait la tête dont il s'empara \ Il la plia dans une serviette et se rendit à la section des Quinze- Vingts. Il y arriva, fort probablement, au moment

trouvées sur la victime, savoir : une lettre de la duchesse de Bourbon (cette lettre était tachée de sang), un anneau d'or, neuf petites clés, un étui en galuchat contenant une paire de lunettes montées en acier.

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