Cf. Mémoires de Weber
SEPTEMBRE 3ç)'i
OÙ le tambour Hervelin et ses compagnons en sortaient. D'une main tremblante, il offrit, aux commissaires, 600 livres en assignats, leur demandant d inhumer le corps et la tête de la princesse. Mais il est à présumer que, jusqu'à ce que se fussent éloignés les hommes qui étaient en possession du corps, les commissaires ajournèrent leur détermination. Ils prétextèrent qu'il leur fallait prendre des renseignements , mirent Pointel en état d'arrestation et, comme c'était alors Ihabitude, ils dressèrent un procès-verbal, par lequel ils déclaraient se refuser « à recevoir le corps de la ci-devant dame Lamballe, parce que, étant traître à la patrie, elle ne méritait d autre place que celle des conspirateurs'. »
I. Extrait du re^^istrc des délibérations de la section des Quinze- Vingts, cité par Mortimer-Ternaux, Histoire de la Terreur.
Trois procès-verbaux furent dressés l'un après l'autre. Le premier est. sans doute possible, celui dans lequel on donne acte aux hommes qui traînent le corps, du dépôt des objets trouvés dans les vêtements de la princesse. Ce procès-verbal est signé Caumont, Borie, Savard, commissaires.
Le deuxième procès-verbal cité par Mortimer-Ternaux, ordonne l'arrestation du sieur Pointel qui se présente à la section des Quinze-Vingts avec la tète de M'"° de Lamballe pliée dans une serviette. Les commissaires refusent de recevoir le corps, parce que, sans doute, Hervelin et ses compagnons ne veulent pas s'en dessaisir ou qu'ils n"osent le leur demander.
Le troisième procès-verbal a été dressé à sept heures du soir.
Mais Hervclin et les autres forcenés se sont éloignés. Déjà le jour baisse, il est sept heures du soir. Pointel s'explique. Il offre de nouveau les 600 livres que M. A illot lui a données et parvient à émouvoir les commissaires qui applaudissent à son patriotisme et à son humanité et font inhumer la tête de la princesse dans le cimetière des Enfants- Trouvés*, oij, jusqu'ici, sans doute, elle a reposé sous les hautes herbes, à Tabri des profanations.
Le duc de Penthièvre était à Yernon avec sa fille, la duchesse d Orléans. Il s'était couché le soir du 3 septembre, confiant dans les ordres quil avait donnés à son intendant. Le lendemain matin, à huit heures, « les amis et le service entrent dou-
Geux qui traînent le corps se sont éloignés. Les commissaires Caumont et Borie sont partis, remplacés par Delesquelle. Delesquelle et Savard se laissent émouvoir ; ils acceptent les 600 livres que leur tend Pointel et se transportent sur-le-champ au cimetière des Enfants-Trouvés pour y faire inhumer la tète dont Pointel ne s'est pas dessaisi.