I. Troisième procès-verbal
Il est faux, comme l'a écrit Weber, que la tète de la princesse scellée dans une boîte de plomb, ait été transportée à Dreux. En 1793, les caveaux de Dreu.x furent violés, les sépultures dispersées, la tète de M'"^ de Lamballe ne s'y trouvait pas et la chapelle de Dreux ne contient aucune inscription rappelant l'inhumation de M"" de Lamballe.
SEPTEMBRE SgS
cernent dans sa chambre avant que Ton ouvre la fenêtre. M"® d'Orléans se place dans un fauteuil près de la porte en face du lit de son père... Les autres forment cercle ». Le duc se réveille; « il voit sa fille qui tient le visage caché dans ses mains ; il lit sur toutes les figures le sinistre événement. Enfin, il dit :
« Mon Dieu ! vous le savez, je crois n'avoir rien à me reprocher. » « Tout le monde pleure. La duchesse d'Orléans montre une douleur affreuse. Le duc pourtant si sensible ne verse pas une seule larme. Il ordonne à sa fdle de se retirer et passe dans son cabinet pour prier' ».
Quelque temps après, ce vieillard, que tant d'émotions avaient secoué, mourut dans une sorte d engourdissement sénile. M'"'^ de Lage apprit à Bordeaux le massacre de sa maîtresse et, sa mère étant gravement malade, elle ne fut « sauvée du désespoir que par l'excès même de son accablement ^ » ; M"'' de Ginestons perdit la raison et,
1. Fortaire. Cf. Mémoires pour serinr à lu vie de M. de Penthièvre.
1. Lettre de M""» de Lage à M'"" de Polastron, citée par la comtesse de Reinach-Foussemagne, op. cit.
quand, le 2 août 1793, avant d'être conduite à la Conciergerie, Marie-Antoinette fut dépouillée des pauvres reliques quelle avait pu conserver jusquelà, on trouva sur elle le portrait de la noble femme contre qui le peuple s'était acharné en haine de Y Aatricliiennc ',
Pendant la Révolution, des messes furent dites en cachette pour le repos de 1 âme de la suppliciée de septembre " et, après le retour des Bourbons, des services solennels furent célébrés en son honneur \ La duchesse d'Orléans assistait à ces cérémonies. Elle ne s'était pas un moment consolée de la mort de sa belle-sœur ; elle était toujours distraite, restait de longues heures pensive et, quand on parlait du passé devant elle, ses yeux se remplissaient de larmes '*.
Les hommes, à quelque parti qu'ils appartien-
I. Liste exacte des objets saisis sur la reine le 9. août, telle qu'elle résulte du procès-verbal de l'audience du Tribunal révolutionnaire du i5 octobre. Cf. Aussi Madame Royale. Récit des événements arrivés au Temple.