‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 51 sur 269 · Journal de Police de Marais, 11 décembre I7f · texte numérisé non relu

Journal de Police de Marais, 11 décembre I7f

prise qu'elle ne pensait. 11 gaspilla, avec elle, tout ce dont il pouvait disposer, puis, ne trouvant plus l'argent qu'elle exigeait de lui ou obéissant ù une idée infernale, il vola, pour en parer la courtisane, les bijoux de M'"'' de Lamballc.

M"'' La Forest, ayant appris qu'une enquête avait été ordonnée au sujet de ce vol, s'était éclipsée. Puis, « mieux conseillée, elle se présenta devant le duc de Penthicvrc, rapporta les diamants et se jeta à ses genoux pour implorer ses bontés ». Le duc « parut satisfait de cette démarche. 11 fit estimer la valeur des bijoux et en fit verser le montant à cette femme, à la condition qu'elle quittât la France sur-lc-cbamp et s'engageât à ne plus revoir le prince *. »

Le départ de M'"" La Forest et les reproches qu'il avait reçus de son père n'empêchèrent pas le prince de Lamballe de continuer sa vie de débauches. 11 avait perdu toute décence. Les 23assions gouvernaient sa vie. Après M"" La Forest, M"" Dubois, de la Comédie- Française, devint sa maîtresse et le

i. Cf. Mémoires secrets... \ novembre 1767. Elle partit, en effet, pour la Russie où elle continua le genre d'opération qui lui avait si bien réussi jusque-là.

LOLYECIENNES ^5

« mena loin du côté de la dépense ». Un soir, enfin, il ne rentra pas à l'hôtel de Toulouse ; le duc de Penthicvre fit rechercher son fils par le lieutenant de police. Ce fut dans un hôtel meublé qu'on le trouva. Le malheureux était dans une situation lamentable, atteint de ce mal que flétrissait un arrêt du parlement de Paris \ ordonnant de « jetter incontinent à la rivière », ceux qui en seraient attaqués. Honteux de l'horrible effet de son inconduite, il n'avait osé retourner ù fhôtel de Toulouse et s'était fait soigner à l'écart par des charlatans et des empiriques ^ Mais, panacée de M. de la Vigne, pilules du corsaire Barberousse, liqueur d Agricola, manne de métaux, tous les a grands remèdes » avaient été employés en vain ; au contraire, ils avaient aggravé la maladie du prince qui en était arrivé h prendre par douzaine les dragées de Kayser ^ et à « expectorer par jour jusqu àcinq demiseptiers de salive » '.

t. En date de 1497, renouvelé bien souvent depuis, niais, comme on pense, jamais appliqué.

a. Cf. Mémoires secrets..., 6 mai 1768.

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