‹ La Princesse de Lamballe, 1749-1792; d'après des documents inéditsChapitre 58 sur 269 · CHAPITRE III RAMBOUILLET · texte numérisé non relu

CHAPITRE III RAMBOUILLET

A Tépoquc où la princesse de Lamballe vint s'y réfugier, pour y pleurer dans la retraite, Fabbaye Saint-Antoine-des-Champs était Tun des couvents les plus importants de Paris et les plus riches. Sa fondation datait de la fin du xn^ siècle. C'est un saint prêtre, labbé Foulques, curé de ?Seuilly-sur- Marne, qui avait songé à réunir en communauté « plusieurs femmes mal conditionnées » que, par « ses prêchemens et admonestemens », il avait converties à la dévotion, et c'est Maurice de Sully, Tévêquc de Paris, qui avait fait édifier l'abbaye, en II 98*.

Depuis longtemps déjà, les religieuses n'étaient

I. Cf. Conseil municipal de Paris. Rapport de M. Bourneville au nom de la 8* commission (Collecl. Lazare) ; Jacques Bruel. Le théâtre des antif/niiés de Paris; Nicole Gilles. Les Chroniques et Annales de la France ; II. Bonnardot. L'abbaye royale de Hainl-Anloinedes-Champs de l'Ordre de Cileaux.

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plus recrutées que parmi les jeunes filles de petite noblesse et de bonne bourgeoisie*. Elles portaient encore le costume primitif, une tunique blanche, barrée d un grand scapulaire noir ; elles suivaient toujours la règle de Citeaux; ladoration dans le chœur, les chants liturgiques, la prière étaient, comme à lorigine , leur principale occupation ; mais elles prenaient, en outre, de « jeunes pensionnaires » et recevaient, chez elles, des dames qui voulaient vivre retirées du monde '.

Depuis 1761, labbesse de Saint- Antoine était Gabrielle-Charlotte de Beauvau, le dix-neuvième enfant de Marc de Beauvau, prince de Craon et d'Anne-Marguerite de Lignéville. Sœur de Ferdinand de Beauvau, maréchal de camp, de M"*^ de Mirepoix, de la marquise de Boufflers, elle était chanoinesse de Remiremont et avait pris le voile à 1 abbaye de Juvigny, en Clermontois \ G était une très grande dame, affable, simple, pieuse et qui employait déjà son activité à la fondation de

1. Elles s'appelaient : Catherine Robinet, Louise d'Elvernont, Anne-Charlotte Blavet, etc... Cf. Arch. nat. H'^ 3872 et D XIX 7.

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