Cf. Lorin. Floriari chez le duc île Penlhièvre
Le duc vivait heureux dans le château oii il était né \ loin de Tatmosphère de calomnies et de médisances de la Cour. Il se levait à neuf heures ; à une heure, il allait à la messe, communiait au moins une fois par semaine, mais jamais le dimanche". Après son dîner, qui avait lieu à une heure et demie, il recevait ses fermiers ; puis, il senfermait dans la Chaumière, agreste pavillon qu'il avait fait construire au bout du parc, et il s'amusait à réparer les pendules quil collectionnait, jusqu'au moment où Ion partait pour la promenade. Le duc amenait « ses filles » avec lui et c'étaient, de Montorgueil à Groulay, de Guéville à la Bretonnière ', des visites dans les maisons de paysans, oii le prince, non content de distribuer, lui-même, une bonne part de ses revenus, avait une façon discrète de donner et savait trou^ ver les mots qui soulagent les plus affreuses misères. Aussi, ne le nommait-on que le Roi des pauvres, dans tout le pays oiî il était adoré, ainsi
I. Le i6 novembre 172.5. Eiat civil de Rambouillet. 1. Cf. Abbé Lambert. Mémoires de famille. 3. Fiefs du domaine.
RAMBOUILLET gS
que M""" de Lamballc, que Ton appelait le Bon Ange de Penthièvre\
Parfois, on allait jusqu'à Dampierre voir le duc de Chevreuse et sa fille, la duchesse de Pecquiny, à qui avaient donné des loisirs la mort de Marie Leckzinska, dont elle avait été la dame, et Tabsence prolongée d'un étrange mari, parti en Egypte, le jour même de ses noces ".
Rentré ù Rambouillet, on soupaità neuf heures et demie. Le duc de Penthièvre, dit Florian, le petit page auquel il s était attaché et qu il avait surnommé Polichinelle,
« Egayé avec douceur les plaisirs de la table
Et sait parler de tout, hors du bien qu'il a fait ».
Après souper, « on jouait aux jeux innocents jusqu à minuit ». Puis, les princesses se couchaient, tandis que le duc se retirait dans son oratoire, pour y faire une lecture pieuse, jusqu'à deux heures du matin '^.