‹ La Princesse de Navarre, :Chapitre 10 sur 45 · LE DUC DE FOIX , DOM MORILLO · texte numérisé non relu

LE DUC DE FOIX , DOM MORILLO

O N ne partira point , & j’y fuis réfolu. LEDUC DEFOI X.

Le fang m’unit à vous , & c’eft une vertu D’aider dans leurs deftèins des parents quon révéré, MORILLO.

La nièce eft mon vrai fait, quoiqu’un peu fr^de , Sc ftere.

La tante fera ton affaire Que me confeilles-tu ?

LE DUC DE FOIX

D’être aimable , de plaire.

MORILLO

Fais moi plaire.

LE DUC DE FOIX

Il y faut mille foins complaifants , Les plus profonds refpeéts , des fêtes & du tems.

MORILLO

J’ai très - peu de refpeét , le tems eft long ; les fêtes Coûtent beaucoup, & ne font jamais prêtes >

C’eft de l’argent perdu.

LE DUC DE FOIX

L’argent fut inventé

CO ME' DIE-B ALLET

Pour payer , fi Ton peut , l’agréable & l’utile , Eh jamais le plaifir , fut-il trop acheté î

Comment t’y prendras-tu ?

La chofe eft très, facile.

Laifiez- moi partager les frais.

Il vient de venir ici près Quelques Comédiens de France , Des Troubadours experts dans la haute fcience , Dans le premier des arts , le grand art du plaifir :

Ils né font pas dignes peut-être ,

Des adorables yeux qui les verront paraître ;

Mais ils fçavent beaucoup , s’ils fçaverrt réjouir.

Réjouiftons-nous donc.

LEDUC DE FOIX

Oui , mais avec myftere.

Avec myftere , avec fracas , Sers-moi tout comme tu voudras,’ Je trouve tout fort bon quand j’ai l’amour en tête* Prépare ta petite fête.

De mes menus plaifirs je te fais l’Intendant.

Je veux fubjuguer la friponne Avec fon air important ,

Et je vais pour danfer ajufter ma perfonne.

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