‹ La Princesse de Navarre, :Chapitre 11 sur 45 · LE DUC DE FOIX, HERNAND · texte numérisé non relu

LE DUC DE FOIX, HERNAND

H E r n A N d tout eft-il prêt »

Pouvez-vous en douter î Quand Monfeignéur ordonne , on fçait exécuter.

Par mes foins fecrets tout s’aprêté ,

Pour amollir ce cœur & fi fier & fi grand.

Mais j’ai grand peur que votre fête ïléuflîfle aufii mal que votre enlevement.

LE DUC DE FOIX

Ah ! c’eft-la ce qui fait la douleur qui me prefiè *,

Je pleure ces tranfports d’une aveugle jeunefle ,

Et je veux expier le crime d’un moment Par une éternelle tendrefle.

Tout me réuflïra j car j’aime à la fureur.

Mais en déguifements vous avez du malheur;

Chez Dom Pedre en fecret j’eus l’honneur de VOUS fuivrc En qualité de Conjuré ,

Vous fûtes reconnu , tout prêt d’être livré ,

Et nous fommes heureux de vivre }

Vos affaires ici ne tournent pas trop bien ,

COME'DIE-BALLET 1

Et je crains tout pour vous.

LEDUC DE FOIX

J’aime & je ne crains rien i Mon projet avorté , quoique plein de juflice >

Dut fans doute être malheureux ,

Je ne méritois pas un deflin plus propice ,

Mon cœur n’étoit point amoureux.

Je voulois d’un Tyran punir la violence ,

Je voulois enlever Confiance ,

Pour unir nos maifons , nos noms & nos amis ;

La feule ambition fut d’abord mon partage.

Belle Confiance je vous vis ,

L’amour feul arme mon courage.

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