CONSTANCE, LEONOR, GUILLOT
CONSTANCE
O U me réfugier!
Hélas ! qu’eft devenu ce guerrier intrépide ,
Dont- i’ame généreufe & la valeur rapide , Etalent tant d’exploits avec tant de vertu! Comme il me deffendoit ! comme il a combattu I L’aurois-tu vu} réponds.
CO MT DIE -BALLET
J’ai vû, je n’ai rien vû.
Je ne vois rien encor. Une femblable fête Trouble terriblement les yeux,
LEONOR
Eh , va donc t’informer ,
GUILLOT
Où , Madame ?
CONSTANCE
En tous lieux.
Va, vole , réponds donc ;que fait-il l cours , arrête , Auroit-il fuccombé ! que ne puis-je à mon tour Deffendre ce héros & lui fauver le jour ?
LEONOR
Hélas 1 plus que jamais, le danger eft extrême.
Le nombre étoi.t trop grand.
GUILLOT
Contre un , ils étoient dix,
LEONOR
Peut-être quon vous cherche , & qu’Alamir eft pris,. GUILLOT.
Qui , lui ? vous vous moquez -, il auroit pris lui-même Tous les Alcades d’un pays.
Diiij
Allez , croyez fans vous méprendre ,
Qu’il fera mort cent fois avant que de fe rendre,
CONSTANCE
Il feroit mort 2
LEO NO R
Va donc.
CONSTANCE
Tâche de t’éclaircir.
Il fort .
Va vite .... Il feroit mort !
LEONOR
Je vous en vois frémir.
Eh , fur quoi jugez-vous qu’il ait perdu la vie ï
S’il vivoit , Leonor , il feroit près de moi.
De l’honneur qui le guide , il connoît trop la loi s Sa main pour me fervir par le Ciel refervée , M’abandonneroit-elle après m’avoir fauvée ?
Non , je croi qu’en tout temps il feroit mon apui. Puifqu’il ne paroît pas je dois trembler pour lui.
LEONOR
Tremblez aufïï pour vous, car tout vous eft contraire.
En vain par tout vous fçavez plaire ,
Par tout on vous pourfuit , on menace vos jours s Chacun craint ici pour fa tête.
COMEDIE -BALLET. 57
Le Maître du chateau qui vous donne une fete > N’ofe vous donner du fecours.
Alamir feul vous fert. Le refte vous oprime,
CONSTANCE
Que devient Alamir , & quel fera fon fort ?
leonor.
Songez au vôtre, hélas 1 quel tranfport vous anime ! CONSTANCE.
Leonor , ce n’eft point un aveugle tranfport , Cell un fentiment légitime.
Ce qu’il a fait pour moi.