PROLOGUE
Mufes , contentez-vous de chercher à lui plaire ,
Ne vantez point ici d’une voix téméraire La douceur de Les loix , les efforts de fon bras s Thémis , la Prudence , 6c Bellone Conduifant fon cœur 6c fes pas ,
La bonté gén'éreufe afïife fur fon Trône -,
Le Rhin libre pâr lui • l’Efcaut épouvanté ,
Les Appennins fumants que fa foudre environne Laifîbns ces entretiens à la poftéritc.
Ces leçons à foii fils , cet exemple à la terre.
Vous graverez ailleurs dans les faftes des tems 5 Tous ces terribles monuments ,
Dreflez par les mains de la guerre.
Celebrez aujourd’hui l’Himen de fes enfans , Déployez l’appareil de vos jeux innocents.
L’objet qu’on défiroit, qu’on admire, 6c qu’on aime. Jette déjà fur vous des regards bienfaifants ,•
Oneft heureux fans vous; mais le bonheur fuprême Veut encor des amufements.
Cueillez toutes les fleurs , 6c parez-en vos têtes -, Melez tous les plaifirs , unifiez tous les jeux , Souffrez le plaifant même 5 il faut de tout aux Fêtes * Et toujours les Héros ne font pas férieux.
Enchantez un loifir , helasl trop peu durable.
Ce peuple de Guerriers qui ne paroît qu’aimable ,
V ous écoute un moment , 6c revoie aux dangers.
Ï'ROLOG ÜE.
Leur maître en tous les tems veille fur la patrie. Les foins font éternels , ils c.onfument la vie ,
Les plaifirs font trop paffagers.
Il n’en eft pas ainli de la vertu folide , CetHimen leternife , il allure à jamais A cette race augufte , à ce peuple intrépide Des viétoires & des bienfaits^
Mufes que votre zélé à mes ordres réponde.
Le cœur plein des beautez dont cette Cour abonde ,
Et que ce jour illuftre alîèmble autour de moi ;
Je vais voler au Ciel, à la fource féconde De tous les charmes que je voi ,
Je vais , ainfi que votre Roi Recommencer mon cours pour le bonheur du monde.