‹ La princesse des UrsinsChapitre 146 sur 278 · LE PAPE ET L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

LE PAPE ET L'ESPAGNE

dans une nouvelle querelle avec le saint-siége, ainsi que dans la question des droits aliénés, qui durait encore, le duc d'Orléans prenait à tâche de contre-carrer aussi le gouvernement.

Ce même Clément XI, dont nous avons vu la conduite envers les Autrichiens en 1707, et conjecturé les idées sur la succession d'Espagne en Italie, alla bien plus loin, au commencement de l'année 1709, quoique, il est vrai, avec moins de spontanéité. Enhardis par ses premières concessions, et croyant, à cette époque, toucher au moment décisif, les Autrichiens voulurent procurer à Tarchiduc, en tant que prétendant à la couronne d*Espagne, la même consécration pontificale qui lui avait été octroyée pour le royaume de Naplcs. Ce signe de légitimité leur paraissait indispensable, contre un rival, qui en était revêtu, et en face d'une nation si fort dominée par les considérations religieuses. On peut voir par là quelle suite et quelle profondeur il y avait dans la politique autrichienne : elle ne démentait pas son habileté proverbiale. A cette fin, les Autrichiens se présentèrent au pape Clément XI , et le sommèrent d'abord de désarmer ses sujets, puis de reconnaître par une bulle Tarchiduc pour roi d'Espagne, et, en troisième lieu, de bannir de son service tout Français et tout Espagnol partisans de Philippe V. Clément XI fut un peu décontenancé de cette demande impérative. S'il n'avait pas intérêt à rompre avec l'empereur d'Allemagne, qui était maître de Tltalie, il ne lui était pas moins pernicieux de se brouiller avec Louis XIV et Philippe V, chefs, l'un et l'autre, de deux gi*ands Etats catholiques. 11 ne savait que faire : car l'Espagne n'était pas l'Italie, et, s'il ne désirait le démembrement de la vaste monarchie espagnole que dans Tintérêt de l'équilibre italien, peu lui importait que l'Espagne seule restât à Philippe V. D'autre part, il semblait lié par

Page 1