‹ La princesse des UrsinsChapitre 147 sur 278 · LE PAPE DÉCLARE · texte numérisé non relu

LE PAPE DÉCLARE

des propos qu'il avait tenus sur l'archiduc l'année précédente, 1708. Apprenant en effet, à cette époque, que les Autrichiens, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de protestants allemands, s'emparaient des biens ecclésiastiques, il s'était écrié : « Eh bien, je ferai la guerre, « comme Jules II, et je me ferai moine plutôt quedere- « connaître Tarchiduc \ » Le bruit ne tarda pas à courir pourtant qu'il acquiescerait aux volontés de TAutriche, et un jubilé qui fut proclamé dans cette circonstance fut regardé par le peuple, aussi malin que clairvoyant, comme ayant pour but de faire agréer au Très-Haut celte détermination plutôt que d'implorer ses lumières.

Le maréchal de Tessé était encore à Rome, en ambas sade extraordinaire. Il fut indigné en apprenant ce qui se disait dans le public. 11 n'était pas d'un naturel endurant. Que fit-il? Assez gravement malade en ce moment, il ne pouvait quitter son hôtel pour se rendre auprès du souverain pontife. Mais il lui écrivit deux lettres, où sa rondeur de caractère et sa franchise habituelle d'expression devaient faciliter l'énergie de son langage, et qui témoignent, comme d'autres encore nous le montreront, de l'intérêt piquant de sa correspondance et de son style. «Je ne «c suis qu'un théologien militaire, lui dit-il, et je ne pré- ' « tends point mettre la main à l'encensoir; mais jerepri'- « senterai à Votre Sainteté qu'en prenant la résolution « dont on parle tant, elle ouvrira le chemin dangereux « d'établir la crainte à la place de la religion, de l'honneur « et de la justice. Si c'est le plus fort qui décide de ces « trois choses si sacrées, nous pouvons tous, en sûreté de « conscience, devenir Turcs ou hérétiques, si ces puisse sanccs entrent les plus fortes en Italie... Tout pourlanl « fait penser qu'il en sera ainsi... L'esprit de Satan, qui,

* Mém. de NaaUUg, t. ni, p. 406.

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