‹ La princesse des UrsinsChapitre 157 sur 278 · AGENTS DU DUC D'ORLÉANS EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

AGENTS DU DUC D'ORLÉANS EN ESPAGNE

y était arrivé de la capitale de France depuis peu. Pénétrer le mystère que cachait le séjour ou le retour de ces deux hommes en Espagne, lorsque leur maître n y était plus, et tâcher de s'emparer de leurs papiers, en les faisant au besoin arrêter eux-mêmes, tel est l'objet qu'elle se proposa aussitôt et auquel elle appliqua toute la vigilance de son esprit. Dans ce but, elle écrivit au comte de Louvignies, gouverneur de Lérida, pour le prier de les surveiller de près. Celui-ci, officier fidèle et exact, découvrit qu'ils sortaient fréquemment de Lérida pendant la nuit. Sans retard il mil des espions sur leurs pas, et Ton s'assura qu'ils allaient au camp ennemi, sans doute auprès du comte de Stanhope. Informée de cette découverte par le comte de Louvignies, la princesse des Ursins vit là une occasion ainsi qu'un motif plausible pour se saisir de leurs personnes et de tout ce qu'on trouverait chez eux; mais le roi s'y opposa pour le moment *, et madame des Ursins dut attendre des indices plus positifs de trahison et de complot, avant de pouvoir frapper un coup qui devait avoir auprès du duc d'Orléans, en France, un si grand et si pénible retentissement.

Que fit-elle dans l'intervalle? C'est elle qui fit remplacer, à la tête des troupes espagnoles, Yillaroèl par le comte d'Aguilar. et, quant à nos deux agents, elle veilla à ce qu'une si riche proie ne s'échappât point de l'Espagne : puisqu'ils y étaient pour conspirer, elle voulut les y enfermer, pour les convaincre eux et leur chef. Elle leur laissa toutefois la liberté de hîurs mouvements, et dissimula sa surveillance de manière à retenir en deçà des Pyrénées l'intégrité de leur dépôt, en leur donnant une fausse sécurité. Trompés par ces apparences insoucieuses, ils continuèrent à leur aise leurs menées aux

« Uém. de Saint'PhUippe, t \h p. 296, 297.

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