‹ La princesse des UrsinsChapitre 156 sur 278 · FLOTTE ET RENAUT · texte numérisé non relu

FLOTTE ET RENAUT

ce changement d'ambassadeur, le duc d'Orléans Tobtint vers le mois de juin 1709 ; mais ce bonheur lui fut aussitôt ravi qu'accordé. Philippe V, la jeune reine, le chevalier du Bourk, et sans doute aussi madame des Ursins, tout le monde pria la cour de France de laisser encore quelque temps Amelot à Madrid. On fit valoir principalement le crédit qu'il avait auprès des gens de finance, et qui assurait les approvisionnements et la solde des armées. Louis XIV ne put que se rendre à ces raisons; en sorte que ce premier succès du|duc d'Orléans se brisa dans ses doigts, et il dut se résigner à attendre, en France, avec une anxiété des plus grandes, quoique des plus cachées, des nouvelles de ceux qu'il avait laissés en Espagne, et qui, dépositaires de papiers importants et de ses secrets, tenaient son sort entre leurs mains. Parlons donc des amis du duc d'Orléans en Espagne, parlons spécialement du maréchal de Besons, ainsi que des agents que nous avons cités plus haut, et qu'il est temps de faire mieux connaître, en les nommant cette fois tous les deux.

Les deux agents du duc d'Orléans en Espagne étaient deux gentilshommes, nommés Flotte et Picnaut. Le premier était son secrétaire, et il allait et venait de Lérida à Paris; le second, dont il a été déjà question, était son aide de camp, et il ne quittait pas l'Espagne, se rendant quelquefois à Madrid, et, plus souvent, demeurant à Lérida , dans le voisinage de l'armée ennemie et sous l'égide protectrice du maréchal de Besons. Ayant lu à fond dans le cœur du duc d'Orléans, la princesse des Ursins fut la première, nous dit le marquis de Saint-Philippe , qui pensa que ce prince n'était point parti en quelque sorte tout entier d'Espagne, et qu'il y avait laissé d'autres lui-môme pour suivre ses plans et ses desseins. Elle ne tarda pas à savoir en effet que l'un d'eux, Renaut, était encore à Lérida, et que l'autre, le secrétaire Flotte,

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