POSITICW RESPECTIVE DES TROUPES HISPANO-FRANÇAISES
françaises et espagnoles, placées sous le commandement en chef du maréchal de Besons, et celle des troupes autrichiennes, commandées par Stahremberg. La Sègre, affluent de rËbrc, du Nord au Sud, et passant à Lérida, séparait les deux armées. Sur la rive droite, entre Méquinença et Lérida, se trouvait le général allemand, dans un pays aride, où il n'avait pas un brin de paille pour ses chevaux, et où de nouveaux renforts de troupes et de munitions, qu'il attendait, soit par Barcelone, soit par Tarragone, avec l'archiduc, ne pouvaient que trës-difOcilement le joindre. La Sègrc en effet était un obstacle, et, en avant de la Scgre, sur la rive gauche, le maréchal de Besons, avec toutes ses forces, formait une barrière plus grande encore. Stahremberg cherchait à passer la Sègre. Mais, sur cette rive gauche où il voulait se transporter, s'élevait le fort Balaguer, défendu par trois régiments français de Redding, aux ordres du colonel Dauceville, et, tout près, le camp de Ménarque ou du maréchal de Besons, situé à deux pas de Lérida, sur un terrain qui dominait tout un pays fertile, et d'où l'on pouvait facilement affamer une armée ennemie et la forcer à combattre Ml ne suffisait donc pas de passer la rivière, dans le cas où ce passage pût s'effectuer sous le feu des batteries espagnoles et françaises; il fallait encore déloger le maréchal de Besons de sa position, et se mettre à sa place : or pouvait-on l'espérer avec des troupes inférieures en nombre, et, assurait-on aussi, en qualité à celles de ce général? Stahremberg conçut cet espoir. Quelques diversions, quelques marches trompeuses, pouvaient détourner ou endormir la vigilance des ennemis. Mais il comptait principalement sur la mésintelligence qui régnait, depuis l'arrestation de Flotte, entre le maréchal de Besons et le
* àlém. de Saint-Philippe, U II, p. c52