‹ La princesse des UrsinsChapitre 199 sur 278 · LE DUC DE MÉDINA-OELI A SÉGOVIE · texte numérisé non relu

LE DUC DE MÉDINA-OELI A SÉGOVIE

<( lieu qu'en ne finissant pas leur procès on n'y touchail c( pas, et apnës leur mort, le marquis del Priego, pour « le duc de Médina-Cœli, son oncle, le comte d*AUamira, « pour le marquis de Léganez, purent recueillir en sûreté « leur riche succession '. »

Quoi qu^il en soit, le duc de Médina-Cœli devait passer le reste de ses jours dans des prisons d'État. Dans celle de Ségovie se trouvaient encore Flotte et Renaut. L'on y vit bientôt arriver le secrétaire du conseil des Indes, don Félix de la Rous, déjà nommé, et une femme, jeune et belle, la Georgina, fameuse cantatrice napolitaine, maîtresse du duc de Médina-Cœli, et son espion, tantôt en Espagne, tantôt en Italie*. Mais le duc de Médina-Cœli ne vit aucun de ces nouveaux détenus. Logé au dernier étage du château fort, avec un poste de soldats à rentrée de son appartement» une sentinelle, qui le gardait à vue, et un officier des gardes du corps, qui ne quittait pas sa chambre, il était dans l'isolement le plus complet. Pendant quelque temps, il fut obligé de se servir, de faire lui-même son appartement, lui pourtant, aussi grand seigneur en Espagne qu'avaient pu Têtre en France le maréchal de Montmorency et tant d'autres illustres victimes d'un des aïeux de Philippe V !

En Espagne, pas plus qu'en France, le sceptre des Bourbons ne devait être léger pour les grands, et ces rois réformateurs, tout d'abord soutenus, ici, par le génie éclairé d'un prince de l'Église, là, par l'esprit tout viril d'une femme, établissaient, aux dépens de bien des familles aristocratiques, l'égalité de tous sous un maître commun, prélude certain d'une plus véritable égalité civile. C'était dur pour ceux que les traditions et les siècles

• Mém. de Saint-Philippe, t. llf, p. 15. — • D6pAl de la guerre. LcUr» du chcv. du Bourk à Voysin, 1710, t. I, XIV lellrc, n* 9S55, et 171i, 1. 1. n» 23-28, MX* lettre.

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