ELLE VEUT EMPÊCHER I^E MARIAGE D'ELISABETH FARKÈSE
faveur qui lui était ofTerte, « voulant, disait-elle avec un a ton qui respirait la haine et la satisfaction précoce de « la vengeance, que l'on réglât auparavant plusieurs « choses qui devaient précéder. » Quant au cardinal del Giudicc, n'étant pas en position de répondre par le même refus, il obéit, mais lentement, marchant à petites journées, s'arrétant partout et particulièrement à Bayonne même, auprès de la reine douairière, quoi que pût en penser ou en dire madame des (Jrsins, qu'il semblait déjà défier \ Il paraît aussi qu'à cette époque madame des Ursins écrivit deux fois à la princesse de Parme, sans recevoir aucune réponse *.
11 n'en fallait pas tant pour mettre son esprit à la torture. Aurait-elle été trompée sur le caractère d'Elisabeth de Parme, et y aurait-il réellement quelque intrigue, quelque sourd complot, dont cette princesse, moins simple qu'astucieuse, aurait promis de se faire l'instrument'.' Albéroni était revenu de Parme, avec le consentement de ses maîtres au mariage demandé, et avec le titre rémunérateur et définitif de résident de cet État en Espagne : elle courut à lui; elle l'interrogea de nouveau, sans trahir ses craintes. Albéroni la rassura. Mais, nullement satisfaite, cette fois, d'un tel garant, elle s'adressa à d'autres sources, et elle apprit tout le contraire de ce qu*il lui avait dit. Elle dépêcha aussitôt un homme affidé à Parme pour tout arrêter. On n'était qu'au 8 août 1714, et le mariage d'Elisabeth Farnèse par procureur ne devait être célébré que le 16; avec de la célérité, elle était sûre que son messager arriverait à temps. Malheureusement, elle comptait sans la cour de Parme : arrivé ù destination, on prétend, en effet, que l'envoyé tut saisi, enfermé, menacé de la mort, s'il disait un mot de sa mission, et on lui pro-
* Mém. de Saint- Philippe, t. Ilf, p. 110. 120. ~ « llfid.