ELLE FAIT RAPPELER LE GRAND INQUISITEUR EN ESPAGNE
« instruction, vous pourrez aisément acquérir le même « empire sur son esprit '. » Ces renseignements, donnés avec Tair le plus parfait de bonne foi et de sincérité, plurent infiniment à madame des Ursins, qui se décida aussitôt en faveur de la princesse de Parme, la fit agréer par le roi d'Espagne, obtint le même assentiment du roi de France, selon le témoignage formel du marquis de Saint-Philippe*, puis écrivit au cardinal Aquaviva, son vieil ami, et fit partir Albéroni lui-même pour Tltalie. afin de négocier, de concert avec ce prélat, cette bienheureuse union.
Ainsi le parti de Tlnquisition allait se relever peut-être et sans doute se venger. Madame des Ursins, à qui quelques indiscrétions, échappées au contentement trop vif de ses ennemis, donnèrent de l'ombrage, eut peur, et elle prit quelques précautions : elle fit rappeler en Espagne le cardinal del Giudice, grand inquisiteur, s'eflrayant maintenant d'un éloignement qui facilitait les complots, et aimant mieux, à tout prendre, Tavoir sous ses yeux à Madrid, où elle pourrait plus aisément surveiller ses pas. Dans le même but, en envoyant complimenter, à Bayonne, la reine douairière, tante d'Elisabeth de Parme, sur le mariage de sa nièce, elle lui fit dire qu'elle lui avait obtenu la permission de rentrer en Espagne. Tout cela était présenté à chacun de ces personnages comme rcfTet d'un système de rapprochement et de conciliation, dans lequel la conclusion du traité d'Utrecht et le projet actuel de mariage avaient fait entrer le gouvernement de Madrid. Mais ni l'un ni l'autre ne s'y trompaient : sous la l'orme d'une attention délicate ou sous l'air d'un généreux oubli, c'étaient là uniquement des mesures de suspicion. Ils le comprirent si bien, que la reine douairière refusa la
< Mém. (le Saint-Philippe, p. 116, 117. - » IMd. p. 118.