‹ La princesse des UrsinsChapitre 269 sur 278 · ENTPEVUE DE SAINT-SIMON · texte numérisé non relu

ENTPEVUE DE SAINT-SIMON

« verrait point, à cause d eux et de madame la duchesse « de Berry , ce que nous digérâmes mal volontiers ; mais il en « fallut passer par là\ » trop heureux de devoir à cette franchise adroite de procédé, dont le duc d'Orléans lui tint compte, Tautorisation pour deux visitesl II fallait qu*il y eût encore dans ce prince une bien grande bonhomie. Tout autre, à sa place, aurait répondu à M. le duc de Saint-Simon par un refus formel et absolu, et, trouvant sa demande, après ce qui venait de se passer, aussi incompréhensible qu'étrange, l'aurait chassé peut-être de sa présence, comme un homme à double face, sans affection vraie pour presque personne, et passionné, partial dans ses jugements, cherchant plutôt le mal que le bien, n'entrant dans les familles que pour l'y épier et l'enregistrer dans son journal, terrible envers les nouvelles, envers toutes, et quelquefois, par une curiosité maligne plutôt que par un généreux intérêt, s'obstinant à vouloir les voir dans leur malheur, tout en se frottant les mains de leur chute. 11 est vrai que, à l'époque où nous sommes parvenus, il lui échappe quelques paroles de commisération pour celle à qui, 'dans tout le cours de ses Mémoires, il a prodigué les épithètes les plus injurieuses, tant qu'elle était au pouvoir; il est vrai aussi qu'il semble, après sa disgrâce dernière, lui rendre plus de justice ; mais sait-on pourquoi? C'est qu'AIbéroni , Elisabeth Farnèse, tous ceux qui avaient renversé madame des Ursins et pris sa place, finirent par tourner le dos au duc d'Orléans, ce qui, avec une femme si fort dominée par les considérations politiques, ne serait peut-être pas arrivé, quoiqu'on le craignît tant ; et c'est madame des Ursins elle-même qui le prédit à Saint-Simon*. Rouvrons son livre d'ailleurs, et laissons-le parler lui-même.

* Mém. de SaitaStmm, t. XXII, p. 205. — * laid., t. XXII, p. 904.

Page 1