‹ La princesse des UrsinsChapitre 45 sur 278 · ET LE CARDINAL D*ESTRÉE · texte numérisé non relu

ET LE CARDINAL D*ESTRÉE

son rôle un grand et utile éclat. Là cour de Versailles avait rappelé de Madrid le comte de Marsin, avec lequel s'entendait parfaitement madame des Ursins, et nommé à sa place le cardinal d'Estrées, « un homme vif, ardent, bouilc( lant, haut à la main, accoutumé aux affaires et à décile der, et ne voulant ni de supérieur ni d'égal*; » un homme, qui, « lors de son ambassade en Espagne, n'a- « vait plus sa tête aussi forte; mais plus elle s'affaiblisc( sait, plus il y avait de hauteur dans le caractère et de « fermeté dans l'esprit*. » M. de Torcy avait dit de lui ft que, dans les moments présents, une mission en Espace gne était chose si difficile, que Sa Majesté avait cru « devoir y employer le sujet le plus capable qu'elle eût a dans son royaume '. x> Mais cet éloge ne s'adressait qu'à son esprit, dont les belles qualités étaient souvent gâtées par les défauts d'un caractère trop allier. Ainsi le jugeait le maréchal de Noailles; et la princesse des Ursins, malgré son ancienne liaison avec l'ambassadeur désigné, pensait de même : elle ne croyait pas que la situation respective de la France et de l'Espagne pût s'accommoder d un diplomate si hautain. « Oui, écrivait- « elle à la maréchale de Noailles en octobre 1701, alors « qu'on commençait à parler du cardinal d'Estrées, je sou- « haite de tout mon cœur que cette éminence ait les sa- « tisfactions qu'elle mérite et qu'on attend; qu'elle puisse « remédier aux maux invétérés de cette monarchie; que « son esprit transcendant, vaste et éclairé, puisse encore « mieux persuader les Espagnols que s'en faire admirer. « Mais je ne voudrais pas jurer, à vous parler franchece ment, que tout réussit à souhait : car j'ai peur que la c< nation, naturellement orgueilleuse, ne regarde comme a une marque de mépris, du côté de la France, qu'on leur

* Uém. de SainlSimonf cb. ti. - * Mém, de NottilleSt t. U, p. 310. — * Ibid,

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