LE MARQUIS DE RIVAS
CHilPlTRE XVI
LOUI» XIV PEBHKT A MADAME DES DRSlXiS DE SE COMPOSER EN QUCLQVE SORT»' SOX MINISTÈRE ATAXT SO!f DÉPART. — PORTRAIT DE l'aVDAS$ADEI'R AMELOT.
En attendant, madame des Ursins triompha à Paris, à Versailles, partout, et, dans un Marly que le roi donna, elle put étaler plus solennellement encore devant tous les yeux sa complète victoire. Louis XIV lui-môme prit soin de la mettre en relief. « Elle parut au bal, dit Saint-Simon, à « CÔ16 de madame de Maintenon. Elle ne se montra jamais « que le roi ne fût tout occupé d'elle, de l'entretenir, de « lui faire remarquer les choses, de rechercher son goût « et son approbation, avec un air de galanterie, dcflattef( rie même, qui ne se démentit pas un seul instantV » Bien plus, puisque sa réintégration avait pour objet de reconstituer en Espagne, autour de Philippe V, une direction forte et unique, au milieu de toutes les influences divergentes qui se disputaient la conduite de ce roi, Louis XIV lui permit de choisir ses hommes avant son départ, de se composer ce que Ton pourrait appeler son ministère. Il lui donna carte blanche là-dessus. Elle ne voulait pas du marquis de Rivas, secrétaire du Despacho : il était en effet de ceui qui avaient déserté sa cause en son absence; ses attributions, embrassant la guerre et les affaires étrangères, étaient trop étendues, et enfin, au dire de Grampnl lui-même, il n était qu'un fourbe, à la conversion du-
* Saint-Simon, f. IV. vh. xxix. p. 5^1, 54i.