‹ La princesse Georges; pièce en trois actesChapitre 20 sur 58 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE PRINCE

VICTOK.

LE PRINCE

Qui VOUS fait penser ?...

VICTOR

Elle n'a pas couché ici ; madame la princesse a eu de la lumière toute la nuit dans sa chambre, et Rosalie est rentrée une heure seulement avant monseigneur. Elle est venue tout de suite, sans ôter son chapeau, parler à madame. Elle a dit à l'office, hier soir, qu'elle allait voir sa tante qui est malade, comme monseigneur avait dit au salon qu'il allait voir son frère qui est en garnison à Versailles; et comme monseigneur est allé à Rouen, j'ai voulu le prévenir. On ne sait pas ce qui peut arriver.

LE PRINCE

Et comment savez-vous que je suis allé à Rouen et non à Versailles ?

VICTOR

Parce que, dans la crainte qu'il n'arrivât quelque chose de fâcheux à monseigneur, j'ai prié un de mes amis de le suivre.

LE PRINCE

C'est de la police, cela, monsieur Victor.

VICTOR

C'est de la politique, monseigneur.

LE PRINCE

Et votre politique, combien coùte-t-elle '?

VICTOR

Ce qu'elle vaut :.la confiance de monseigneur.

LE PRINCE

C'est cher.

VICTOR

C'est moins cher que je ne pourrais la vendre autre part.

LE PRINCE

Avec qui donc pourriez-vous faire marché ?

VICTOR

Avec la personne que monseigneur accompagnait à Rouen.

LE PRINCE

Si vous avez autant de discrétion que d'esprit, votre fortune est faite.

VICTOR

Monseigneur peut compter beaucoup sur l'une et un peu sur l'autre; c'est mon petit capital.

LE PRINCE. '

Envoyez-moi Rosalie.

VICTOR

Oui, monseigneur. (En sonant) : Ce n'est pas malin ce qu'il va faire, mais ça le regarde.

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