‹ La princesse Georges; pièce en trois actesChapitre 29 sur 58 · ACTI' DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTI' DEUXIEME

qu'elle aurait do mieux à faire serait de ne pas l'aimer tant que ça, son mari.

MADAMIÎ DK PKRIGXY.

Parce que?

Parce qu'il ne le mérite guère — quoique nous soyons chez ui.

MADAME DE P i: U l G X Y.

Qu'est-ce qu'il fait donc?

VALENTINE

Tout ceci entre nous, n'est-ce pas ?

LA BARONNE

Évidemment.

VALENTINE

Eli bien, le prince est amoureux autre part.

MADAME DE PÉRIGNY

Qu'est-ce qui vous a dit ça ?

VALENTINE

C'est Polichinelle. C'est son dernior secret.

BERTIIE.

Et le nom de la dame ?

VALENTINE

Comment, vous ne vous êtes aperçues de rien?

BERTIIE.

De rien.

VALENTINE

C'est la belle comtesse de Terre:r,onde.

MADAME DE PERIGNY.

Sylvanie.

VA LENTINS.

Vous êtes au courant de l'histoire.

MADAME DE PERIGNY.

J'en a^ais entendu parler.

VALKNTINE.

Par Séverine?

MADAME DE PÉRIGXY.

Non, elle ne sait rien.

VAI.E NTIXE.

C'est-à-dire qu'elle veut avoir l'air de ne rien savoir, mais elle sait. La gaielé qu'elle afToctait à table était de mauvais aloi ; et si elle n'est pas avec nous à cette heure...

MADAME DE PÉRIOXY.

Ah ! c'est cette petite de Terremonde. Eh bien, en voilà encore une que son mari adore !

LA BARONNE

C'est ce qu'on peut appeler ne pas avoir de chance. Il est afTreux. Il a une grosse barbe ! Il est énorme! C'est un bœuf! Et pourquoi n'est-elle pas venue dîner ici ce soir, comme cela' était convenu, la jolie comtesse Sylvajiie de Terremonde? Est-ce l'indice qu'il y a quelque chose?

BERTHE

Séverine nous a donné la raison elle-même. Il paraît que Terremonde est revenu subitement de voyage au moment oiî l'épouse de son choix allait sortir... (nue rii.) mais ils vont venir tout ii l'heure.

LA BAROKNE.

Vous direz' ce que vous voudrez, moi je comprends qu'on soit amoureux de la comtçsso. On.ne peut pas voir une plus belle — créature.

VALENTlNE.

Eh bien, moi j'avoue que je rougis, non-seulement pour mon sexe, mais pour notre monde, quand je vois que nous accueillons comme une des nôtres une pareille eiïronfée, sous prétexte qu'elle est née de celui-ci et titrée de celuilà. Et encore celle-ci n'est pas née. Savez-vous d'où elle vient? Elle est la fille naturelle do lord Ilatherbrok et d'une jeune et jolie maîtresse de piano... et de pianistes, qui cou-

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