‹ La princesse Georges; pièce en trois actesChapitre 48 sur 58 · G AL ANS OX · texte numérisé non relu

G AL ANS OX

Absolument.

SÉVERINE

Et si je voulais partir, moi?

GALANSON.

Il pourrait vous en empocher.

SÉVERINE

Pourquoi est-ce comme ça ?

GALANSON.

Parce que c'est comme ça. Quand il sera parti, vous pourrez faire constater légalement son départ, dans quelles conditions il se sera effectué, Femploi qu'il aura fait de la moitié de votre fortune, ses relations publiques avec une autre femme, et nous demanderons une séparation de corps et de biens, que nous obtiendrons, je pense.

SÉVERINE

Et après?

GALANSON.

Vous attendrez qu'il revienne ou qu'il meure.

C'est bien long.

GALANSON.

Ça peut durer toujours.

SÉVERINE

Alors voilà tout ce que les hommes ont trouvé pour garantir celles qui sont leurs mères, leurs sœurs, leurs femmes, leurs filles ?

G A LAN s ON.

Voilà tout.

SÉVERINE

Ce n'est pas assez. ( a madame de Périgny. ) Pourquoi m'avezvous mariée à cet homme, ma mère?

MADAME DE PÉRIGNY

Je t'ai mariée à cet homme parce que, quand on a des filles, il faut les marier; mais nous ne sommes pas dans les maris qui se présentent, et nous ne pouvons savoir comment ils sont faits. Et puis, c'est loi qui as voulu l'épouser; tu as déclaré que tu mourrais si tu ne l'épousais pas. Tu en étais folle.

SÉVERINE-

Il fallait vous opposer à ma volonté, il fallait combattre ma folie, il fallait employer la force, il fallait m'expliquer les choses; il fallait mo dire que le mariage était une prison et un enfer.

MADAME DE PERIGNY.

Je n'en savais rien, moi; je me suis mariée deux fois, j'ai toujours été heureuse. Et puis, rien ne me faisait prévoir ce qui arrive, Le prince s'était toujours bien conduit. S'il t'abandonne, tu reviendras vivre avec nous. Tu ne seras pas la première femme qui aura vécu séparée de son mari sans qu'il y ait de sa faute à elle. L'important est qu'il ne te ruine pas pour cette gaillarde. Tous les honnêtes gens seront pour toi.

SÉVERINE

Et que me fait la pitié des gens heureux? Alors, c'est tout ce que vous pouvez pour moi tous les deux? Vous, la loi; toi, la famille. La loi peut me rendre l'argent de ma dot, si elle le retrouve; la famille peutme rendre ma chambre de pensionnaire, et puis c'est tout. La vie matérielle toujours. La table

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