LE I>H1N(.E
Vous avez fait cela?
SÉVERINE
Ce n'est rien! J'ai dit à son mari que je l'avais cliassée parce qu'elle avait un amant.
LE l'KINCE.
Vous m'avez dénoncé!
SÉVERINE
Je ne t'ai pas nommé, heureusement. J'ai dit : un amant. Tu comprends! Demain, je puis dire que je me suis trompée, je puis faire des excuses pour te sauver la vie.
LE PRINCE
Vous avez dénoncé une femme!
SÉVERINE
Oui, mais le comte est là, embusqué, caché dans son jardin, armé; il a dit qu'il partait, et il n'est pas parti. Elle, ne se doute de rien, mais si tu entres chez lui, s'il te voit, il te tuera , et je ne veux pas que tu meures. Je ne veux pas être criminelle; je ne veux pas te perdre. (Mouvement du prince.) Où vas- tu? Tu ne comprends donc pas? Je te dis que la mort est là.
LE PRINCE
Et c'est au-devant de la mort que je vais. Vous voulez que je laisse cette femme exposée à la colère, à la vengeance de cet homme, qui la tue peut-être en ce moment. Vous ne comprenez pas que, si elle meurt par vous, je n'ai plus qu'à mourir pour elle. (Il s'élance. On entend un coup de feu dans la coulisse.)
SEVERINE, avec un grand cri.
Ah ' (Elle entraine son mari au milieu de la chambre, et le couvre de son corps, tout en lui mettant une main sur la bouche et en regardant la porte du jardin avpc effroi.) SilenCe !