PERDRE REA CINE
PÉGOFAT La plage a l'air, là-bas, d’une peau de lion! | PÉNPIÉOME Oui, c’est bien Tripoli, mes calculs étaient justes! Voici les longs murs blancs et les grêles arbustes! TOUS Gloire au pilote!
PÉGOFAT Vois, sous le ciel s’enflammant PAPE trouse!
BRUNO
Oh! cet oiseau rose!
FRANÇOIS Un flamant!
BISTAGNE Embrassons-nous!
TROBALDO Chantons! PÉGOFAT
Oui, la malheure cesse!
TROBALDO Terre!
JUAN Terre!
BISTAGNE
Le port!
LEPiLorte. — Oui, c’est bien Tripoli, mes calculs étaient justes ! Voici les longs murs blancs et les grêles arbustes!
L À PARENIOFESSISRE EL OTeNINA TENTE
PÉGOFAT Tripoli!
JOFFROY ParPrncesse!
I1 tombe évanoui entre les bras de Bertrand.
LE PATRON Etmamtenantc:Æjetez les ancresl BERTRAND, qui, aidé d’Érasme et de Trophime, a recouché Rudel sur son grabat. : Mais il meurt!
Mais 1l faut aborder! LE PATRON Oh! non! Le moindre heurt Contre un récif pourrait briser notre coquille;
On ne peut approcher sans donner de la quille! On va nous envoyer des felouques.
BERTRAND
SES yeux Sont clos.
A Érasme qui est penché sur le prince.
Respire-t-il un peu mieux?
ÉRASME Unvpeu mieux, Mais le Prince est très mal.
BERTRAND, désespéré.
On ne peut pas attendre!
JOFFROY
OhEtuiparlesatropliort étAje Viens detentendre. D'ailleurs, je le savais. Je vais mourir. Il faut Me transporter à terre, au plus tôt, au plus tôt! Sans quoi, mes bons amis, je vais, comme Moïse, Mourir les yeux fixés sur la Terre promise!:
BERTRAND, bas à Érasme.
Peut-on le transporter?
ÉRASME Il n’y faut pas songer.
JOFFROY, se débattant.
Je veux la. voir!
= LS SLT 26 pire 3 Sn LEURS
PSREAMCIRERREEVAC-T. E
BERTRAND. — Toi, dans l’esquif, ; Mets mon coffre d’atours et d'armes, va, sois vif. ÉRASME lui présente une fole.
D'abord, conjurons le danger.
Buvez. Puis du repos. Et vous pourrez...
JOFFROY, à Bertrand.
Écoute, Bertrand, emmène-moi là-bas, coûte que coûte! Puisque je suis perdu, vous pouvez sans remord Me laisser avancer de quelque peu ma mort.
Jesus un homme enfin, et l'on peutetouteme dire. Serai-je mort avant d'arriver?
ÉRASME Oui, messire!
JOFFROY Ah! Bertrand! Au secours!
ÉRASME Mais, si vous demeurez En repos, sans parler, calme, vous guérirez, Et vous pourrez, alors, la Dame de vos songes... JOFFROY
Non! non! Les médecins font toujours ces mensonges! Bertrand, je veux la voir!
BERTRAND, avec force. Turdlatverras!
Comment ?
IPS R TN AC PENRS STE LNONTENPPARTAINRE
BERTRAND
Tu la verras, te dis-je! Oh! j'en fais le serment! Oury y "vais, je lür parle, je te la ramène.
JOFFROY Bertrand!
BERTRAND
Elle n’est pas, peut-être, une inhumaine!
Oui, oui! Tu la verras avant la fin du jour.
Soigne-toi bien. Je vais lui dire ton amour!
JOFFROY Bertrand!
BERTRAND Elle saura qu’un Français, qu'un poète, L'adora, traversa les Turcs et la tempête, Pèlerina vers elle ainsi que vers la Croix, Et qu'il arrive, et que trop malade...
JOFFROY
Ettturerois Qu'elle viendra? Mais j'en suis sûr! Mais je m'en charge, Et vite! Une nacelle, une barque, une barge!
Oui, l’esquif de la nef, c'est cela! — Nous verrons Ce qu’elle répondra! — Vite! Les avirons! — Je ramerai. Ce n’est pas bien long, ce passage! On va te ramener ta princesse : sois sage!
JOFHRON Oh!l#Bertrand Sittu-vtais-celal” BERTRAND Jeslertéran Il faudra qu’elle vienne ici, bon gré, mal gré.
JOFFROY Pourras-tu seulement arriver devant Elle?
Te voyant accoutré d’une manière telle,
Les gardes du palais.
BERTRAND
C’est vrai!
A un marinier.
Toi, dans l’esquif, Mets mon coffre d’atours et d'armes. Va, sois vif!
28 es
RER PRMONERORA CITE
BERTRAND. — Adieu! ne parle plus! à -bientôti
LAMEEP TRATIN: CESSE NET O0 ENENERTENPE
JOFFROY Attendez. et joignez ce coffret à son coffre. Cessont lames plus-chers joyaux eJertenles oïire, Mon fermail, mon collier et mes éperons d'or. L'envoyé d’un poète amoureux, c'est encor Plus que l’ambassadeur d’un Roi! Fais-toi splendide! Va nquemienaneetinnere LE PATRON, à Bertrand.
| Il faudra prendre un guide, Car le palais n’est pas proche du port, dit-on. A la prime maison demandez un piéton.
Votre hôte s’offrira de lui-même sans doute, Et vous pourrez chez lui vous vêtir; puis, en route! JOFFROY Dis-lui de venir vite, ou sinon je menñ vais ÉRASME Prince, ne parlez pas, cela vous est mauvais.
JOFFROY A Bertrand.
Oui, je me tais!… Ecoute.
BERTRAND IT faut: que tu reposes!
JOFFROY Attendris-la, sois éloquent, trouve des choses! Ou plutôt non, dis-lui la simple vérité Que je l’adore, et que je meurs d'avoir chanté, Éperdument chanté sa beauté sans égale, Comme d’avoir chanté le soleil, la cigale!
Oh! mais que je mourrai le prince des amants. Si pour deux ans d'amour je la vois deux moments!
Oui, owi, ne parle plus.
JOFFROY Je me tais, — mais j y pense Ne lui dis pas cela sitôt en sa présence!
Il faut la préparer. — Je me tais, Je me tais! —
Et, pour la préparer, si tu lui récitais
D'abord ces vers, tu sais, que] ai dits. tout à l'heure? Mais oui, cela serait la facon la meilleure
D'expliquer mon amour, peut-être?
— 30 a EE re Bu
PRAIRIE CCF" E
BERTRAND Necrains rien.
Je lui dirai tes vers.
| JOFFROY HumiesMinneunASSbien BERTRAND, avec une gaieté forcée.
Si J'en faussais un seul, hein, quelle catastrophe! Va, je ferai sonner tendrement chaque strophe. JOFFROY Pour la dernière fois, peut-être, embrassons-nous. Is s’étreignent.
FRÈRE TROPHIME Je resterai, pendant l'ambassade, à genoux.
ÉRASME, bas, à Bertrand.
Fipeut dure deux Jours, comme 1lese peut qualimeure Ce soir, comme 1il se peut qu'il soit mort dans une heure!
LE PATRON, de même.
Messire, s’il venait à mourir tout d’un coup,
Nous hisserions au mât le sigle appelé Loup,
La voile noire qui nous sert, à nous, corsaires,
Les nuits. où nous craignons d’avoir des voiles claires. FRÈRE TROPHIME, accompagnant Bertrand.
Ah! persuadez-la! Qu'elle vienne le voir!
Insistez! Insistez!
BERTRAND Oui, jusqu'au signal noir!
Il enjambe le plat-bord et descend dans l’esquif. On entend un bruit de chaînes, d’avi rons, d’eau battue.
JOFFROY Là, portez mon grabat tout près du bastingage! Je suis sûr qu'elle va venir.
La voix de BERTRAND, lui répondant d’en bas.
Je m'y engage!
Adieu! — Ne parle plus! — A bientôt!
Bruit rythmique de rames qui décroît.
JOFFROY C’est certain Qu'il la ramènera. — Qu'il fait beau ce matin! —
— su
LRARRR TER ENEONERSRSME £ O"INCIPA :T'ENEE
La barque glisse et fuit sur une eau toute rose. Oh! d’abord, quand Bertrand s'engage à quelque chose!
Elle viendra!
FRANÇOIS Nous la verrons!
PÉGOFAT Sur le bateau!
TROBALDO Dédtoutipres La voix de BERTRAND, au loin se perdant.
Bon espoir. La Princesse... bientôt.
JOFFROY La barque est déjà loin. Comme les eaux sont calmes! Le grincement décroît des rames dans les scalmes.. Laissez-moi là. Je veux y rester tout le temps! D etre pal plu Jeuesarde niatience
RIDEAU
La salle d’un palais d’un luxe moitié roman, moitié oriental. Au fond, un large vitrail s’ouvre sur des terrasses, derrière lesquelles la mer monte dans le ciel. À droite, second plan, une grande porte ouverte laisse apercevoir une galerie qui fuit, avec des colonnades sveltes et des jets d’eau. À gauche, un escalier de porphyre descend d’une lourde porte d’or. Les dalles de marbre, éblouissantes, et toutes les marches de l'escalier sont jonchées de lys fraîchement coupés. Sorte de divan aux nombreux coussins. Pendue au mur, près de la porte, une énorme hache d’armes, au manche émaillé, tout bossué de cabochons verts.