PR ES URE NE PTE U ES 10 DS
A FAN ACNESSESE L'OHSNSEAPRANSE
Quand :l arriva dans Aïgues-Mortes, si blême,
Et déjà condamné par son vieux mire, quand
Je sus que vers la mort certaine s’embarquant,
Ce mourant amoureux d’une reine inconnue N’avait qu'un but : ne pas mourir sans l'avoir vue, Une admiration soudaine m’'enflamma,
J'allai le voir...
MÉLISSINDE, vivement.
Et tout de suite il vous aima?
BERTRAND
Je l’aimai tout de suite, et j’entrai dans son rêve. Je devins son ami, son frère, son élève.
On blâma son idée, — on n’y comprenait rien! — Alors, moi, je voulus le suivre.
MÉLISSINDE Oh, ce fut bien!
BERTRAND
Clémente, tout d’abord, nous fut la traversée. Et, tandis que vers vous voguait la nef bercée, Il me faisait, du matin rose au couchant roux, KRépéter les beaux vers qu'il composait pour vous.
MÉLISSINDE Vous deviez bien les dire avec votre voix chaude! BERTRAND
Roland fut amoureux, certes, de la belle Aude, Tristan le fut d’Iseult, et Flor de Blancheñor,
Mais Rudel le fut plus de Mélissinde encor!
Rudel poussa l’amour aux dernières outrances!
Ah! ses plaintes, ses pleurs, ses prières, ses transes, La nuit, quand Je restais à veiller près de lui!
MÉLISSINDE
C'était donc toujours” vous qui. le veiliez la nuite
BERTRAND, debout, avec lyrisme.
Fe"voyage, comment, femme, te le décrire,
De cet agonisant cinglant vers ton sourire?
Oh! nous crûmes bientôt, tant la nef fit de bonds, Que nous serions sur mer d’éternels vagabonds!