SCÈNE VII
MÉLISSINDE, BERTRAND.
BERTRAND, entrant.
Votreséclatantée-nef, toute parée, attend, Etedéja les nochers.
MÉLISSINDE, à elle-même.
Horriblement tentant.
Sorismonde s’est éloignée et sort.
| BERTRAND Pourquoi me regarder de ces larges yeux vagues? Pourquoi tourmentez-vous avec fièvre vos bagues?
Peut-être ai-je un motif qui me rend importun De vous suivre là-bas...
BERTRAND, vivement.
Vous n’en. avez aucun!
MÉLISSINDE Pourtant, je temporise encore, et je frissonne…. — Et si j'aimais quelqu'un?
BERTRAND, violemment.
Non, vous n'aimez personne!
MÉLISSINDE
Il a bien dit cela! — Mais hélas! c’est ainsi : J'aime, et c'est l’amour seul qui me retient ici.
TRRIOMESAPPNLE AICAIDE
MÉLISSINDE. — Comme à ton large col cette agrafe est d’un bel Effet! Qui t'a donné cela?
LA NMEPERINNCONELS SE SI" 0 HENRI ENRE
BERTRAND, bondissant.
Vous en aimez un autre! Ah! — Qui? — Je tuerai l'homme! MÉLISSINDE à Vous ne le tueriez pas sachant comme 1l se nomme! BERTRAND, hors de lui.
Son nom, dites-le-moi!
MÉLISSINDE Faut-il?
BERTRAND Oui!
MÉLISSINDE, marchant sur lui avec Jangueur.
Faut-il?
BERTRAND, reculant épouvanté.
Non!
Ne dites pas son nom! Ne dites pas son nom!
Car si c'est celui-là...
Tirant son épée.
Puresarroutsiemtentuel MÉLISSINDE
Oh! ne vous frappez pas, puisque je me suis tue! BERTRAND, laissant tomber son épée.
Je suis un chevalier déloyal.
MÉLISSINDE
Votre honneur Est sauf.
BERTRAND Non! — Car je viens d'éprouver du bonheur!
Ah! je suis fière alors de votre félonie!
| BERTRAND
Mais je ne peux pas être un voleur d’agonie!
Va vers le malheureux; ton cœur n’est pas mauvais! MÉLISSINDE
Et c’est pourquoi je n’y vais pas.. Car si j'y vais!
= En GORE Es Er lee Pete
TÉRIOMES MR ENMEE OUEA CHITE
Je tremble que mon cœur s’attendrisse et se laisse Reprendre à quelque idée absurde de noblesse! Pourrai-je devant lui me défendre d’émoi?
Je l'ai longtemps aimé, Bertrand, comprenez-moi. Il était, — je le sens, hélas! et j'en soupire! — Mon âme la meilleure, et vous êtes la pire!
Pour pouvoir être à vous, à toi, je ne veux pas
. Voir les yeux de Rudel! Je n'irai pas là-bas!
À moins que maintenant vous n'insistiez encore!
BERTRAND
Ah! que sais-je? Je veux. Rudel.. Je vous adore! — Non, détourne de moi ce regard de langueur! Ce vitrail ouvert là, sur la mer, me fait peur.
MÉLISSINDE court au vitrail, le ferme brusquement et s’y adosse.
ÉnaPien mines terme ALES esta mentens are:
Fermé, te dis-je, et plus jamais on n’y regarde! Ignorons! N'’est-on pas très bien dans ce palais?
Elle descend vers lui.
Il y a des parfums dans l'air, respirons-les!
De ce palais, jamais, jamais plus, tu ne bouges.
Tu vois, on a jonché de chaudes roses rouges PenSolMtleurdelisé®ce rmatinsdenlys froids:
— Le vitrail est fermé, te dis-je, plus d’effrois! —
J'ai renié la pâle fleur des songeries
Pour la fleur amoureuse... Il faut que tu souries!
Va, nous ne saurons rien, et comment saurions-nous? Nous n'interrogerons personne. À mes genoux
Tu vivras. Rien n'est vrai d’ailleurs que notre étreinte. Quel remords aurions-nous, et quel sujet de crainte? Qui donc nous a parlé d’une nef, d'un Rudel?
Personne! Rien, sinon notre amour, n’est réel!
Derrière ce vitrail, la rive d’or s’échancre
D'un golfe bleu, tout bleu, sans une nef à l’ancre!
Un jour, dans bien longtemps, quand nous le rouvrirons, Ce vitrail, de nos peurs absurdes nous rirons,
Car nous ne verrons rien! Et quelle est cette histoire D'une voile qu’on doit hisser, d’étoffe noire?
C’est un conte, Bertrand! — Le vitrail est fermé! — Ne pense à rien, ne pense à rien, mon bien-aimé!
104 PAR TANCC ESS LOT OIRNERPAMIENTE
Et pourquoi supposer quelque chose d’horrible
Derrière ce vitrail? Il n’a pas l'air terrible.
Tu vois, il rit, avec de l'or et de l'émail... ‘ BERTRAND
Vous ne pouvez que me parler de ce vitrail.
MÉLISSINDE
Mais cest faux. Je ne peux vous parler... — Oh! je t’aimel Je ne veux te parler que de toi, de moi-même.
Comme à ton large col cette agrafe est d’un bel
Effet! Qui t’a donné cela?
BERTRAND Joffroy Rudel.
MÉLISSINDE Eh-bienl quoi! tu n'as qu'à l’arracher!.….
BERTRAND
OMMONMIrere C'est avec tes joyaux que j'ai plu!
Pour me plaire, Tu n'avais qu'à venir dans ton justaucorps brun Souillé, troué, sentant la bataille et l’embrun, Avec ton air de jeune aventurier farouche, Et ton col aurait eu pour agrafe ma bouche!
Ne te recule pas. Donne tes yeux charmants.
Quand ton regard me fuit, tu sais bien que tu mens, Tu sais bien. |
BERTRAND
Je sais bien que ta voix me pénètre.
La fenêtre s'ouvre brusquement, comme sous une rafale. MÉLISSINDE Ah! le vent de la mer a rouvert la fenêtre!
BERTRAND La fenêtre est rouverte.
MÉLISSINDE Allez la fermer!
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TRRIOMESMIEMEBNP ACTE
MÉLISSINDE. — On évite De Se trouver en face. et l’on approche, ainsi!
BERTRAND
Non!
J'aurais trop peur de voir la voile à l'horizon.
MÉLISSINDE On détourne les yeux, et puis on ferme vite.
BERTRAND Non! Je regarderais, je le sens!
MÉLISSINDE, se levant pour aller à la fenêtre en rasant le mur. On évite Déesse trouver en-face -“«et-l'on approche “ainsi!
Au moment d'arriver, elle hésite, n’ose pas la fermer, recule à pas lents, toujours rasant le mur, et vient tomber à côté de Bertrand, sur le divan.
Eh bien! restons ici! l’on ne voit rien d'ici. Ensevelissons-nous dans notre amour profonde, Et faisons comme tous les heureux de ce monde!
BERTRAND
Ah! que dis-tu?
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MÉLISSINDE
Je dis que ceux qui sont heureux Onttous"cettefenètre ouverte. derricre eux, ‘ Et sentent tous, au froid qui leur souffle sur l'âme, Qu’'ouverte derrière eux la Fenêtre réclame!
Mais tous restent blottis, refusent d'aller voir
Car ils verraient la nef d’un douloureux devoir
Les appelant loin du bonheur qui les accroche;
Ou bien, s’il est trop tard, ils verraient le reproche De tes plis noirs flottant obstinément, Remords! Aussi, dans leurs coussins blottis, ils font les morts. Tous, ils veulent garder le cher bonheur, le rêve Qu'un seul regard jeté par la fenêtre enlève;
Tous veulent ignorer s'ils sont des assassins!
Faisons comme eux : restons dans les lâches coussins!
Elle l’enlace et se renverse avec lui dans les coussins.
BERTRAND
Oui, restons. Mais hélas! hélas! Ô pauvre femme, Le pouvons-nous? Hélas! ai-je l'âme, as-tu l'âme Qu'il faudrait pour cela, pour être heureux ainsi? Ah! nous ne sommes pas de ces gens-là!
MÉLISSINDE Mais si!
Je taime!
On entend un tumulte joyeux monter par la fenêtre. BERTRAND, tressaillant.
Qu'est cela?
MÉLISSINDE Mais, rien, rien, les tapages Sur la terrasse, là, des valets, et des pages. DES VOIX, au dehors.
Hi eétrois Anuit :
MÉLISSINDE Ce n’est rien, te dis-je, écoute-les.
Ils viennent là, souvent, jouer aux osselets.