‹ La princesse Lointaine; La Samaritaine. Illustrations en couleurs et en noir, dans le texte et hors texteChapitre 45 sur 118 · LA RER SENECEEIS SE MEL OUEN PACIEN RE · texte numérisé non relu

LA RER SENECEEIS SE MEL OUEN PACIEN RE

BERTRAND

Mélissinde, je t'aime!

Quelle fée a prévu dans ton nom de baptême, : ‘:.

Dis, tes cheveux de miel et tes lèvres de miel?

LES VOIX La mer est belle! — Oh! Oh! regardez!

BERTRAND, tressaillant.

Juste”crel!

Quoi? Que regarde-t-on?

MÉLISSINDE Mais, au loin, quelque chose!

UNE VOIX

Voyez-vous cette nef?

BERTRAND

C'est de la nef qu’on cause!

MÉLISSINDE Ehvbien,n'écoute pas!

BERTRAND JéneDeur pas CES von:

MÉLISSINDE Moi, je n'écoute rien! Ah! qu’ont-ils dit?

BERTRAND, avec un geste découragé.

Tu vois!

MÉLISSINDE

Il n'est pas qu'une nef! Pourquoi donc aller croire?….

UNE VOIX

Oui, regardez, ils ont hissé la voile noire!

Mouvement de Mélissinde et de Bertrand.

UNE VOIX

Je descends jusqu'au port! — Les autres, venez-vous?

Bruit de voix et de pas qui s’éloignent. Bertrand et Mélissinde, sans oser plus se regarder,

se séparent lentement. Un très long silence.

MÉLISSINDE, enfin, d’une voix à peine saisissable.,

Eh bien?

TVR OBDESSIEE AM ACTE,

BERTRAND

Eh Diènsquo "men Il prend machinalement l’écharpe de Mélissinde restée sur les coussins et la respire. Ce parfum est très doux.

Que me disiez-vous donc que c'était, tout à l’heure?…

MÉLISSINDE Oui... je. De l’ambre.

BERTRAND Votre écharpe. Je l’effleure Destevres votre écharpe.

S’abattant comme une masse avec des cris terribles et des sanglots. ON IMOh ISO IEC ET NU Mort! Il est mort! lui, mort! mon frère, mon ami! Cest fini! Qu'ai-je fait? Sans le bonheur suprême Qu'il rêvait! Qu'ai-je fait? Qu'avez-vous fait vous-même? MÉLISSINDE

C’est affreux. Mais du moins, maintenant, je vous ai.

Oui, vous avez un traître, oh! le digne épousé!

Mais traître par amour, n'est-il pas beau de l'être? BERTRAND |

Ah! je n'ai même pas la beauté d’un grand traître! Je suis non le héros de qui le crime est fier, Mais l'enfant qu'amollit chaque douceur de l'air,

Le faible cœur dont l'existence à la dérive

N'est qu'une trahison incessante et naïve!

Mais me faire trahir, c’est trop facile, moi! J'appartiens tout entier au plus récent émoi.

Oui, je fus ce matin héroïquement brave,

Et puis, voilà! pour un parfum, je suis esclave! Le moment me possède! Oh! je me connais bien. Vous m'avez, dites-vous? M'avoir, c’est n'avoir rien, C'est avoir un jouet de la brise, un poète Instable, une eau fuvante où l'heure se reflète!

MÉLISSINDE

Bertrand, vos remords vous égarent.….

Page 1