‹ La Princesse MaleineChapitre 6 sur 35 · UNE SALLE DANS LE CHATEAU · texte numérisé non relu

UNE SALLE DANS LE CHATEAU

On découvre le roi Hjalmar et la reine Anne enlacés.

ANNE

ON glorieux vainqueur !

LE ROI

Anne !...

Il l'embrasse.

BO — - l-A PRINCESSE MALEINE

ANNE

Attention, votre fils !

Entre le prince Hjalmar ; il va à une fenêtre ouverte, sans les voir.

LE PRINCE HJALMAR.

Il pleut ; un enterrement dans le cimetière : on a creusé deux fosses et le dies irœ. entre dans la maison. On ne voit que le cimetière par toutes les fenêtres ; il vient manger les jardins du château; et voilà que les dernières tombes descendent jusqu'à l'étang. On ouvre le cercueil, je vais fermer la fenêtre.

ANNE

Monseigneur !

HJALMAR.

Ha ! — Je ne vous avais pas vus.

ANNE

Nous venons d'arriver.

HJALMAR.

Ah!

ANNE

A quoi songiez-vous, Seigneur ?

HJALMAR.

A rien, Madame.

ANNE

A rien ? C'est pour la fin du mois, Seigneur...

HJALMAR.

Pour la fin du mois, Madame ?

ANNE

Vos belles noces...

HJALMAR.

Oui, Madame.

Mais, approchez-vous donc, Seigneur.

LE ROI

Oui, approche-toi, Hjalmar.

ANNE

Pourquoi donc êtes-vous si froid ? Avez-vous peur de moi ? Vous êtes presque mon fils cependant ; et je vous aime comme une mère — et peut-être plus qu'une mère ; — donnez-moi votre main.

HJALMAR.

Ma main, Madame ?

ANNE

Oui, votre main ; et regardez-moi dans les yeux ; — n'y voyez-vous pas que je vous aime ?

— Vous ne m'avez jamais embrassée jusqu'ici.

HJALMAR.

Vous embrasser. Madame?

ANNE

Oui, m'embrasser ; n'embrassiez- vous pas votre mère ? Je voudrais vous embrasser tous les jours. — J'ai rêvé de vous cette nuit...

HJALMAR.

De moi, Madame ?

Oui, de vous. Je vous dirai mon rêve un jour.

— Votre main est toute froide, et vos joues sont brûlantes. Donnez-moi l'autre main.

HJALMAR.

L'autre main ?

ANNE

Oui. Elle est froide aussi et pâle comme une main de neige. Je voudrais réchauffer ces mainslà ! — Etes-vous malade ?

HJALMAR.

Oui, Madame.

Notre amour vous guérira.

Ils sortent.

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