‹ La Princesse MaleineChapitre 9 sur 35 · DES VOIX AUX FENÊTRES · texte numérisé non relu

DES VOIX AUX FENÊTRES

Allons voir ça !

sa LA PRII^CESSE MALEINE >-

LES BUVEURS

OÙ sont-ils ?

LA VIEILLE FEMME

Derrière « V Etoile d'or », il se bat avec le forgeron, à cause de cette fille qui est venue au village aujourd'hui, ils saignent déjà tous les deux !

LES BUVEURS

Ils saignent déjà tous les deux?

LA VIEILLE FEMME

Il y a déjà du sang sur les murs !

LES UNS

Il y a déjà du sang sur les murs ?

LES AUTRES

Allons voir ! Où sont-ils ?

LA VIEILLE FEMME

Derrière * l Etoile d'or », on peut les voir d'ici.

LES BUVEURS

On peut les voir d'ici? — avec de grands

couteaux de cuisine ? — comme ils doivent saigner ! — Attention, le prince !

Ils rentrent tous dans l'auberge du « Lion bleu »,

entraînant la vieille femme qui crie et se débat. — Entrent le

prince Hjalmar et Angus.

MALEINE, A la Nourrice.

LA NOURRICE

Cachez-vous !

Elles sortent.

ANGUS

Avez-vous vu cette petite paysanne ?

HJALMAR.

Entrevue... entrevue...

ANGUS

Elle est étrange.

HJALMAR.

Je ne l'aime pas.

ANGUS

Moi, je la trouve admirable; et je vais en parler à la princesse Uglyane. Il lui faut une suivante. Oh, comme vous êtes pâle ?

eo LA PRINCESSE MALEINE '

HJALMAR.

Je suis pâle ?

AN G us.

Extraordinairement pâle ! Êtes-vous malade ?

HJALMAR.

Non ; c'est cette journée d'automne si étrangement chaude ; j'ai cru vivre tout le jour dans une salle pleine de fiévreux ; et maintenant, cette nuit froide comme une cave ! Je ne suis pas sorti du château aujourd'hui et cette humidité du soir m'a saisi dans l'avenue.

ANGUS

Prenez garde ! Il y a beaucoup de malades au village.

HJALMAR.

Oui, ce sont les marais ; et voilà que je suis au milieu des marais, moi aussi !

ANGUS

Quoi?

HJALMAR.

J'ai entrevu aujourd'hui les flammes de

péchés auxquels je n'ose pas encore donner un nom!

ANGUS

Je ne comprends pas.

• HJALMAR.

Je n'ai pas compris non plus certains mots de la reine Anne, mais j'ai peur de comprendre !

Mais qu'est-il arrivé ?

HJALMAR.

Peu de chose ; mais j'ai peur de ce que je verrai de l'autre côté de mes noces... Oh ! oh ! regardez donc, Angus !

Ici l'on voit le Roi et la reine Anne qui s'embrassent à une fenêtre du château.

Attention ! ne regardez pas, ils vont nous voir.

HJALMAR.

Non, nous sommes dans l'obscurité et leur chambre est éclairée. Mais voyez donc comme le ciel devient rouge au-dessus du château !

ANGUS

Il y aura une tempête demain.

HJALMAR.

Elle ne l'aime pas cependant...

ANGUS

Allons-nous-en !

HJALMAR.

Je n'ose plus regarder ce ciel-là ; et Dieu sait quelles couleurs il a pris au-dessus de nous aujourd'hui ! Vous ne savez pas ce que j'ai entrevu cette après-midi dans ce château que je crois vénéneux, et où les mains de la reine Anne m'ont mis en sueur plus que ce soleil de septembre sur les murs !

ANGUS

Mais qu'est-il donc arrivé ?

N'en parlons plus ! — où est-elle cette petite paysanne ?

Cris dans l'auberge du " Lion bleu >'■ ANGUS.

Qu'est-ce que c'est?

HJALMAR.

Je ne sais; il y a eu toute l'après-midi une

étrange agitation dans le village. Allons-nous-en, vous comprendrez un jour ce que j'ai dit.

Ils sortent.

UN BUVEUR, ouvrant la porte de l'auberge.

Il est parti !

TOUS LES BUVEURS, sur le seuil.

Il est parti ? — Maintenant nous pouvons voir ! — Comme ils doivent saigner ! — Ils sont peut-être morts !

ils sortent tous.

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